Parler du slip, de caleçons, de boxer, de petite culotte, «imwesho», en plus en milieu rural, dans une société aussi introvertie comme la nôtre, n’est moins ni plus qu’une aberration.
Se livrer à cœur ouvert n’a pas été facile. Car parler de son sous-vêtement est une façon de mettre à nu son intimité. Ce qui n’est pas dans les habitudes des Burundais.

Gênant pour certains de se laisser aller aux confidences. Abordé dans son petit coin, chacun livre ses confessions intimes. Les perceptions diffèrent, que l’on soit né dans un milieu urbain ou rural.
Et le «slip» a toute une histoire dans notre pays. Auparavant, on portait des « akabindo» (sorte de cache-sexe). Sa vulgarisation dans les milieux ruraux a commencé notamment au nord du pays lorsque des jeunes filles dansaient au Ballet National dans les années 80. Emportées par la musique, elles se déhanchaient et leurs pagnes ne cachaient plus grand-chose… Gêne pour les spectateurs.

Trente ans après, en milieu rural, certaines femmes ne portent toujours rien sous leurs jupons. La plupart par manque de moyens. Les autres, pour d’obscures raisons. Enfin, il y a celles qui portent des sous-vêtements occasionnellement, lorsqu’elles ont leurs menstruations. Quant aux hommes, leur refus d’en porter signifie le mâle rejet de la dictature du «moule-zizi», de peur que leur sexe ne se développe pas assez.

Au contraire, le slip en milieu urbain est un objet de mode, au masculin ou au féminin. Une évolution qui concerne les couches sociales aisées où le port du sous-vêtement est inculqué aux enfants dès leur bas âge. Et au-delà des perceptions et des goûts, le port du slip est utile comme le prouve la serviette hygiénique réutilisable lancée par SaCoDé.

Le slip, donc. Pourquoi ce sujet pour le premier numéro de notre magazine ? Parce que notre société doit cesser de se voiler la face devant certaines réalités. Désormais, plus de sujets tabou pour la jeunesse et les femmes du Burundi, avec votre mensuel Jimbere.

Les questions et les détails de notre société seront abordés sans fausse pudeur, ni impudeur non plus.

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Une réponse

  1. kabebe95

    Merci beaucoup à l’équipe de Jimbere. J aimerais proposer un autre sujet tabou dans notre société qui mérite une profonde enquête.

    Répondre

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