Il n’est pas rare de voir des jeunes gens aménager ensemble, sans passer par la case « mariage ».  Quelques fois, les concubins décident d’aller officialiser plus tard. Des cérémonies qui n’ont rien à envier en termes d’émotion aux noces traditionnelles. Jeanine et Samuel, un couple de Nyanza-lac, nous le prouvent…

Ce vendredi-là, la ville côtière de Nyanza-lac se réveille comme d’habitude. Les pêcheurs sont partis dans le lac il y a belle lurette. Les marchandes de poisson se pressent vers le lac pour attendre le poisson frais, tandis que les paysans affûtent leurs houes. Une journée comme il y en eu, et comme il y en aura toujours dans cette localité du sud du Burundi.

Mais pour Samuel Ntunzwenimana et Jeanine Nkoreririmana, ce vendredi n’est pas un jour commun. C’est le grand jour. Le temps de l’appréhension, des interrogations, des atermoiements, est révolu. Cela va faire bien des jours qu’ils en discutent entre eux et ils ont décidé de passer le cap : se marier, et cette fois-ci, officiellement.

Par amour…

Samuel et Jeanine, c’est d’abord une histoire d’amour. Il y a deux ans, le jeune homme de 25 ans (à l’époque) fait la connaissance de la jeune fille au regard doux et à la voix suave. Il tombe automatiquement sous le charme. Une année après, il lui propose d’aménager ensemble. Ce qu’elle accepte avec joie. Au diable les conventions. Les cérémonies, ce sera plus tard. Le couple s’installe à Nyabigina, dans la commune de Nyanza.

Mais dans leur petite maisonnette, les deux jeunes gens ne font pas que conter fleurette. Trois mois plus tard, Jeanine est enceinte. Le projet mariage semble s’éloigner petit à petit, et c’est là que fait son entrée Abel Mbonimpa, un ami de Samuel. Lui aussi s’était engagé avec une jeune fille de sa colline sans passer par la case mariage, mais il vient depuis quelques temps de régulariser. À la naissance du petit Franck Irishura, il parvient à convaincre les jeunes parents de se présenter à la commune pour officialiser.

Renaissance

Revenons donc à ce fameux vendredi. Le couple, accompagné de deux témoins (Abel bien sûr et Trivella, une amie de Jeanine qui porte le bébé Franck) se présentent dans leurs plus beaux atours devant l’officier de l’état-civil. L’affaire ne prend que quelques minutes. Le couple, ébahi par tant de facilité, sort du petit bureau en brandissant fièrement leurs pouces tachés d’encre. Et il y a nous, qui les attendons dehors, pour leur balancer notre fameuse question : « Que savez-vous des régimes matrimoniaux ?»

Jeanine ouvre grand les yeux, et Samuel nous fixe du regard prudemment. Explications. L’atmosphère se détend, les sourires reviennent pour illuminer les visages des jeunes mariés. Ils se consultent du regard et se retournent vers nous pour nous assener avec espièglerie : « Twasangiye vyinshi, n’ibindi tuzobisangira ! » (Nous avons partagé beaucoup de choses, on partagera même le reste, ndr). Sans attendre pour voir si leur réponse nous satisfait, les deux tourtereaux nous tournent le dos, et s’en vont rejoindre leurs témoins, tout à leur bonheur.

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Emery Nkurunziza, chef du bureau de l’état-civil à la commune Nyanza-lac, parle du concubinage comme d’un phénomène qu’ils n’arrivent pas à juguler. « Maintenant, on fait des campagnes de sensibilisation. Il arrive même qu’on aille  chercher les couples concubins chez eux pour les inscrire dans le registre matrimonial », fait-il savoir.

Quant aux régimes matrimoniaux, l’officier de l’état admet qu’ils n’évoquent ce volet que très rarement, sauf pour rappeler aux mariés que désormais ils ne font plus qu’un devant la loi, et donc qu’ils partageront leurs biens.

 

 

 

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Reporter, Scénariste

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Une réponse

  1. MUREKATETE

    Est ce qu’au Burundi il n’existe que le régime de la communauté des biens?
    kuko jewe perso c la séparation des biens que je trouve sécurisant 😉

    Répondre

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