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Economie

2ème édition du Salon Industriel: « Pourquoi peu de crédits pour les secteurs productifs ? »

©dr | Chaîne de production des boissons Aquavie
  • Organisé par l’Association des Industriels du Burundi (AIB) en collaboration avec différents partenaires nationaux et internationaux, la deuxième édition du Salon Industriel a été lancée le matin du 13 juin à l’hôtel Club du Lac Tanganyika, en présence du Président Pierre Nkurunziza.

  • Au programme étaient également prévue des conférences-débats sur différents thématiques : une occasion de revenir sur le financement bancaire des secteurs productifs. L’industrie enregistre ainsi une allocation de ressources en dessous des 10%

Le Salon prévu de 13 au 15 du mois courant, en plus de l’exposition de produits de différentes entreprises et des rencontres individuelles B2B entre entrepreneurs, prévoit des conférences-débats sur plusieurs thématiques. Le premier thème portait entre autre sur le financement bancaire des secteurs productifs dont le secteur industriel. Présenté par Jean-Claude Manirakiza, Directeur Commercial à la Bancobu, il est revenu sur les défis et réalisations du secteur de la finance au Burundi ainsi que l’allocation sectorielle des crédits bancaires : « Les banques burundaises jouent un rôle de premier plan : elles mettent en relation les agents à capacité de financement (épargnants) et les agents à besoins de financement (emprunteurs). Ainsi, elles collectent l’épargne et offre des crédits. Au Burundi, seuls 7% de la population sont bancarisés (23%, la moyenne en Afrique). 12%, si l’on ajoute les clients avec les comptes mobiles », aura ainsi planté le décor le banquier.

Et d’expliciter les conséquences de cette situation: «Avec cette faible pénétration bancaire, et des banques concentrées dans les centres urbains pour un pays rural auquel s’ajoute le peu d’instruments financiers disponibles, les banques ne peuvent pas prétendre contrôler le marché (alors qu’elles représentent plus de 80% du système financier, NDLR). »

Le fameux risque

A propos du financement de l’économie, notamment l’allocation sectorielle des crédits bancaires, l’expert du jour a discuté sur les chiffres peu reluisants du financement du secteur productif: «Dans les années 1980-90, le secteur le plus financé était le commerce, à hauteur de 40% en moyenne, suivi du secteur industriel, 16%, et l’agriculture, 2,5%. Au début des années 2000, le financement du premier secteur a explosé frôlant en moyenne les 70% au détriment des deux autres secteurs qui ont chuté respectivement à 2% et moins 1%. Aujourd’hui le secteur du commerce perd progressivement des parts (réallocation des crédits estimée en moyenne à 30%) au profit des secteurs productifs, comme l’industrie (mais avec toujours des parts inférieures de 10%), artisanat, et agriculture ».

L’une des raisons avancées par le conférencier pour expliquer cette aversion du système bancaire au secteur productif, est le risque : « Même si l’octroi des crédits du secteur du commerce présente également des risques, la plupart d’entrepreneurs dans le secteur productif ne disposent pas des plans d’affaires solides bancables d’où leur rejet : plus de 60% de demande de crédits des micro-firmes sont rejetés », une occasion d’interpeller ainsi les banquiers et entrepreneurs de travailler main dans la main pour inverser la tendance.

 

Visite d’un stand par le Président Nkurunziza. Les cérémonies de lancement ont également noté la présence des membres du gouvernement: Jean Marie Niyokindi, Ministre en charge du Commerce, Domitien Ndihokubwayo, Ministre des Finances, Gaspard Banyankimbona, Ministre en charge de l’Education Supérieure, de hauts dignitaires de la sphère publique, Libérat Mpfumukeko, Secrétaire Général de l’EAC, Christian Nibasumba, Représentant du Trade Mark East Africa au Burundi, Freddy Mbonimpa, Maire de la ville de Bujumbura, … ainsi que des dirigeants dans le secteur privé, et différents chefs d’entreprises et de banques.

Renforcer les réseaux

Olivier Suguru, président de l’AIB, dans son discours a rappelé l’objectif de l’évènement : « Le Salon industriel sert de lieu de rencontre de différentes entreprises pour créer des partenariats gagnant-gagnant (pour cette édition, le Salon enregistre la présence d’une soixante d’entreprises, NDLR). L’événement a aussi pour mission d’être une vitrine qui offre une visibilité de ce qui a été déjà fait dans le secteur et faciliter des partenariats avec des collaborateurs étrangers. »

Dans son allocution, le Président de la République Pierre Nkurunziza s’est réjoui du pas déjà franchi par le secteur privé en général et le secteur industriel en particulier, rappelant son importance: «L’industrie fait vivre un groupe de gens, consolide la souveraineté et l’autonomie stratégique d’un pays. » Une opportunité également de mentionner la vision du gouvernement pour la jeunesse: «Notre intention est d’établir une plateforme industrielle favorable à l’emploi, à la jeunesse et à notre savoir-faire industriel. Le Plan National de Développement est très clair à ce sujet…Je souhaite qu’à l’issue de ce salon, nos jeunes avec une vocation industrielle, aient la certitude de pouvoir mener une carrière professionnelle chez eux (au Burundi), et pour longtemps».

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