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500 millions fbu par an pour la recherche scientifique à l’université du Burundi, est-ce suffisant?

Comparé au 19 milliards de masse salariale de l’Université du Burundi –le budget annuel global s’élevant à 26 milliards fbu-, les 500 millions alloués à la recherche semblent être une bien minable somme eu égard aussi aux besoins en recherche du Burundi. La recherche est-elle le grand sacrifié de l’enseignement supérieur burundais ?

La capacité à investir dans la recherche scientifique est proportionnelle à trouver des solutions innovantes aux problèmes auxquels les populations sont confrontées. Au Burundi, ce secteur est souvent négligé. A l’université du Burundi moins d’un dixième du budget global y est consacré.

Selon le Recteur de l’université du Burundi, Dr Ir Sanctus Niragira, le budget alloué à l’Université du Burundi pour la recherche au cours de l’année académique 2020-2021 s’élève à 500 millions fbu. Pour lui ce montant n’est pas suffisant au regard du volume de la recherche que l’université voudrait faire.

En pratique, c’est autour de 17 centres de recherches  que s’organise la recherche à l’université du Burundi et chaque année, il y a soumission des projets par ces centres et la direction de la recherche de l’université du Burundi fait un travail de sélection des meilleurs entre ces projets pour les financer.

Ce modèle de financement de la recherche est d’ailleurs à sa  quatrième édition, et le Directeur de la Recherche Mélance Ntunzwenayo note la croissance graduelle de l’enveloppe d’année en année. En substance: Alors que pour sa première édition de financement l’enveloppe s’élevait à 10 millions fbu, maintenant cette enveloppe culmine à 500 millions soit 50 fois le cachet initial.

Qu’en est-il d’autres défis non financiers ?

Selon Mélance Ntunzwenimana,  les 17 centres de recherche sont encore nouveaux et sont encore moins équipés. Mais chaque année, il y a encore du matériel et des productions achetés par l’Université du Burundi.

L’autre défi est le manque d’engouement des chercheurs Burundais à alimenter la revue de l’Université Rumuri les préférant plutôt celles de l’étranger du fait que la revue scientifique de l’Université du Burundi n’est pas encore indexée.

A cela s’ajoute le volume horaire très chargé des enseignants-chercheurs qui ont un temps  très réduit pour la recherche et cela vient du fait que l’université dispose de peu d’enseignants. A titre d’informations, l’université du Burundi compte 520 enseignants dont 270 chercheurs.

Pas  de fatalité

Pour le Recteur, l’enjeu dans l’avenir le plus proche sera d’essayer de combler l’écart entre l’institution académique qu’il représente et celui des autres universités de la région afin de faire de celle-ci une référence dans la région, c’est dans le même esprit qu’a été créée l’université aussi à travers une commission scientifique permanente mise en place pour la rédaction des projets à soumettre dans des concours internationaux pour pouvoir décrocher des financements consistants.

L’université compte aussi redynamiser la recherche en organisant des concours d’innovation, Appuyer la recherche-développement pour pouvoir identifier les besoin dans le développement.

Le Directeur de la Recherche de l’Université du Burundi se réjouit d’ailleurs de l’engouement des enseignants et étudiants pour la recherche. L’année passée par exemple, lors de la semaine universitaire plus de 108 recherches réalisées ont été déposées.

Pour le Recteur, tout compte fait, force est de dire qu’il n’y a absolument aucune fatalité sur la voie du développement scientifique et technologique au Burundi avec l’Université du Burundi comme porte-flambeau. Mais, insiste-il: « Il faudra faire preuve d’imagination et de volonté devons pour promouvoir sans complexe l’esprit et la recherche scientifiques comme passage obligé au développement. » Ce qui est sûr c’est que pour y arriver le Gouvernement devra mettre la main dans la poche et sortir des grands fonds. Alors, un prix Nobel des Sciences burundais un jour, allez, who knows?

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