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A quand un terrain digne pour le basketball burundais?

©Jimbere| La tribune de l'unique terrain qui accueille le championnat de l'ACBAB abrite 350 personnes seulement

Ce dimanche 31 janvier, un public immense avait répondu présent au terrain de Gikungu pour des matchs annoncés rudes et décisifs. Hormis les bonnes prestations des joueurs de part et d’autres, le public, bien qu’en liesse, réclame un meilleur terrain.

Le premier match affiche Kern contre New Star. Les deux équipes sont dans le premier carré pour le sacre. Une foule nombreuse est venue assister au choc. A 10 heures tapante, des véhicules sont déjà garées jusqu’à environ 300 m du terrain. A l’intérieur, la tribune est pleine à craquer. Normal, elle ne peut qu’abriter 350 personnes. Les pourtours sont également saturés. Malheurs aux «Zachée», ne s’étant pas placés en des lieux stratégiques pour ne rien rater. Les acteurs du jour ne vont pas décevoir leurs «adorateurs». Un bon match donc, qui se soldera sur la victoire de Kern (72-62), face aux jeunes de New Star qui n’ont pas pour autant démérités.

Autant pour le second match, aussi très attendu, opposant Urunani à Muzinga. L’effectif d’Urunani, qui est actuellement leur clé pour la réussite, a encore ravivé les cœurs de leurs supporteurs, toujours nombreux, et très attachés à leur équipe. Urunani aura raison de Muzinga (63-54), et reste leader du championnat.  

Du côté du public, certes il y’a satisfaction à l’égard de l’évolution du jeu et du championnat, mais il se dit frustré et dénonce le manque de volonté pour qu’un gymnase, un seul, digne d’un terrain de basket, soit érigé.  «Cela fait des années et des années que le public réclame un terrain digne. Chez nos amis du football, des terrains ont été construits à tel enseigne que chaque commune sera doté d’un terrain remplissant les normes pour bientôt. Est-ce compréhensible qu’il n’y ait pas, au moins, un terrain remplissant les normes pour le basketball burundais», fustige Jean Marie Bigirimana, supporteur de Kern.

Le manque de volonté souligné

Gygy Ghylain, initiateur de la plateforme «For the Love of The Game» indique que, quelque part la volonté manque : «Il faut  d’abord planifier le projet, faire une fondation qui motiverait même les donateurs. Nous savons tous que les subventions du ministère peuvent tarder, et c’est le cas. Autant alors organiser des levées de fonds d’abord auprès des  amoureux du ballon orange, puis plaider auprès  des bailleurs potentiels. Il ne suffit que d’une implication consistante de tous les concernés».

De son côté Nepomsen Sindayihebura, président d’Urunani Basketball Club, indique que, normalement, les infrastructures incombent à l’Etat, si elles sont publiques, et que le privé intervient par après, en termes d’appui : «J’ai moi-même présidé la Fédération de Basketball du Burundi, de 2007 à 2011. L’ancien Ministre de la jeunesse, des sports et de la culture, Jean Jacques Nyenimigabo, nous avait promis de plaider pour un terrain remplissant les normes internationales. Nous avons attendu en vain. Je pense que si le gouvernement s’y mettait, ce n’est vraiment pas une logistique alarmante. Qu’à cela ne tienne, nous pouvons nous organiser pour au moins concrétiser le minimum.»  

L’ACBAB donne une piste tranquilisante

 Signifiant tout d’abord que le Burundi ne pourra jamais accueillir de compétition internationale aussi longtemps qu’un terrain remplissant les normes ne sera construit, Aimé Christian Nibigira, président de l’ACBAB (Association des Clubs de Basketball Amateurs de Bujumbura), annonce que l’association est dans l’incapacité d’ériger ces infrastructures.

Cependant, il fait savoir qu’un partenariat favorable avec la Brarudi pourra aboutir, d’ici peu, à l’aménagement et la restructuration des terrains de Gikungu. «Les consultations vont bon train. Si rien ne change, la Brarudi va construire des tribunes supplémentaires, en forme de «U», et bien aménager l’espace qui sépare le terrain de jeu de la place du public, laquelle espace sera réservée aux publicités de cette entreprise.» 

Au niveau du Ministère des Affaires de l’EAC, de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Rosette Irambona, porte-parole, fait savoir que ce projet existe, sans toutefois préciser les détails d’exécution. Elle incite cependant les organes dirigeants au Basketball de mettre plus de pression dans la plaidoirie.     

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