En mission à Bujumbura, le Fonds Mondial et l’Ambassade de France au Burundi, lançaient ce 9 avril à l’Institut Français du Burundi, une campagne sur les enjeux de la 6ème conférence de reconstitution des ressources du Fonds Mondial prévue à Lyon en octobre 2019. Au Burundi, les interventions du Fonds pèsent déjà 300 millions $, sur 16 ans

« Accélérons le mouvement », le nom de la campagne. Objectif: en découdre d’ici 2030 avec les trois pandémies les plus meurtrières sur Terre, le sida, la tuberculose et le paludisme. Pour réussir ce pari, une enveloppe de 14 milliards $ au minimum doit être mobilisée, alors que le Fonds mondial collecte et investit près de 4 milliards $ par an pour l’appui de programmes dirigés par des spécialistes locaux dans plus de 100 pays.

Quel gilet porte le Burundi dans cette course ?

Celui de récipiendaire. Cependant, « chaque pays partenaire du fond a vocation à renforcer sa part sous quelque forme que ce soit dans le combat contre ces fléaux » indique Laurent Delahousse, l’ambassadeur de la France au Burundi. Au passage, on notera que c’est cette représentation qui assume le rôle de chef de file des partenaires en santé au pays.

Quelle est justement la part du pays qui perdit son roi (Mwezi Gisabo) à cause du paludisme? La question posée, Joselyne Nsanzerugeze, assistante du Ministre en charge de la Santé, indique que « le Burundi intensifie ses efforts dans la mobilisation de ressources domestiques pour chasser la moustique. On espère que dans l’avenir, notre pays pourra aussi atteindre le statut de donateur du Fonds ».

Au Burundi? Depuis 2003, le Fonds y a déjà décaissé près de 300 millions $ en riposte aux griffes des trois tueuses. Quentin de Hemptinne qui suit le Burundi au siège du Fonds, précise : « Les résultats obtenus en 2018 sont de 62.093 personnes sous traitement antirétroviral et 7.202 personnes traitées contre la tuberculose tandis que l’année 2017, recense 6,7 millions de moustiquaires distribués dans tout le pays».

Membre fondateur et second donateur du Fonds, la France présente un engagement comme le souligne l’Amb. Delahousse, « qui trouve particulièrement ses applications concrètes sur le sol burundais ». Ainsi par exemple, « la France à l’initiative du Président Macron, vient de bâtir un projet intitulé Initiative Présidentielle Santé en Afrique (IPSA) qui a retenu cinq pays d’Afrique francophones dont le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la République Centre Africaine et le Burundi » confie l’ambassadeur.

Cette initiative vise à mettre à disposition des autorités sanitaires locales une expertise technique résidentielle, à même de les accompagner dans les dispositifs de prise en charge des trois pandémies couvertes par le Fonds. « Nous pouvons raisonnablement compter que d’ici deux mois à peu près l’expertise sera bien présente au Burundi », ajoutera M. Delahousse.

Un rêve qui se matérialise

Dr Garry Conille, Coordinateur résident du système des Nations Unies au Burundi, dont les trois agences impliquées dans la lutte contre les trois pandémies (OMS, ONUSIDA et PNUD), rappelle l’avènement du Sida. « Alors que la prise des antirétroviraux nécessite une certaine régularité, les éminents chercheurs remettaient en cause la capacité de respect de la posologie des patients dans les pays en voie de développement. D’autres nous disaient encore que les médicaments étaient trop chers, que nous n’allions jamais trouver des pays capables de financer ce combat ».

Dix-sept ans plus tard, les traitements antirétroviraux sont offerts à plus de 17 millions d’hommes et de femmes dans ces mêmes pays. « Cela marque le symbole de la réussite de l’effort collectif quand la communauté internationale s’y met », estime le Dr Conille.

Du coup, loin l’idée de sommeiller dans le confort des résultats du passé: le pied ne doit jamais lâcher l’accélérateur. Accélérons le mouvement !

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