> Consortium de chercheurs issus de plusieurs domaines pouvant impacter positivement le rendement de l’agriculteur, AUXFIN Burundi présentait ce matin l’état d’avancement de son application « Agri-Coach » et sa jumelle « Agri-Monitor ».
> « Agri-Coach » aidera les agriculteurs burundais à savoir quand et quelles cultures planter en tenant compte des paramétrés divers comme le climat, la qualité du sol ou sa pente, et comment entretenir les cultures.
> « Agri-Monitor » fournira un aperçu instantané des principaux problèmes et opportunités dans les zones rurales du Burundi sur base d’informations fournies par les agriculteurs encadrés par AUXFIN (climat, conditions météorologiques, pertinence des cultures et autres géo-données)

Inondations, semis réalisés au mauvais moment synonyme d’un rendement catastrophique, prélude de disette ou de famine, le climat ne chôme pas quant au lot de ses caprices. Le paysan lambda en paie une addition salée au prix de productivité médiocre qui le confine dans une situation de pauvreté. Et quand un pays compte autant de ses habitants dans le domaine agricole (autour de 90% de la population burundaise), l’impact que cela produit sur la vie nationale est à inquiéter plus d’un.

Un semblant de fatalité qui n’en est pas un, à en croire Marc Loss, ingénieur de l’Agence Spatiale Néerlandaise, partenaire mandaté par le Ministère des Affaires Etrangères des Pays-Bas, parrain de l’action d’Auxfin. « Les agriculteurs sont souvent victimes de manque d’informations. Ils ne se rendent pas compte que certains phénomènes climatiques qui s’abattent sur eux sont prévisibles grâce aux données transmises par plusieurs satellites qui tournoient dans notre atmosphère, et qu’on peut donc en réduire la nocivité des conséquences », souligne le scientifique.
Ce sur quoi Esther Loeffen, chargée de coopération à l’Ambassade des Pays-Bas au Burundi rebondit par une belle formule : « Il faut fertiliser les têtes en même temps que les terres ».

L’agriculteur au centre de l’approche

Réparties en groupes de cinquante, les « G50 », chaque groupe dispose d’une tablette qui donne des informations météorologiques rythmant le tempo des activités agricoles.
Claude Nsengiyumva, agriculteur de Gitega et chef d’un « G50 » ne tarit pas en éloges quant aux avancées que sa communauté tire de ces informations. « Nous sommes informés en temps réel sur les aléas du climat. A la longue, nous saurons même quel type de plantes nous devons planter, à quel moment et à quel endroit, selon des données traitées en fonction des conditions et propriétés pédologiques de nos terres », se réjouit-il. Tout comme son homologue Bakomo Celeus de Kigabiro, dans la province Kayanza qui trouve que « les agriculteurs de Kayanza pourraient en bénéficier vu le problème d’exigüité des terres qui les hante ».

Pour démocratiser ses services, AUXFIN distribuera des centaines de tablettes conçues spécialement à cette fin. « Ce n’est qu’une question de temps, il y’a même des lots qui sont déjà à l’aéroport. Nous aimerions que ce genre de produits soient exonérés, cela nous faciliterait énormément la tâche », indique Yannick Chokola, directeur d’AUXFIN Burundi.

170.00 ménages sont actuellement au centre des activités d’Agri-Coach dans trois provinces : Gitega, Kayanza et Karusi. « Gitega, pour sa situation géographique, Kayanza, pour son boom démographique et Karusi pour son taux élevé en demande d’engrais chimiques, donc une province active en agriculture», explique M. Chokola.

Sur le long terme, AUXFIN envisage la réalisation d’une carte agricole qui mentionnera clairement les types de cultures qui sont adaptées à chaque particularité climatique, en mettant en exergue la compatibilité de la variable climat-culture pour une spécialisation régionale qui produirait par ricochet une augmentation de la productivité.
Pourquoi ne pas y voir une véritable révolution agricole au Burundi?

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