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Agriculture

L’agroécologie au Burundi, vers des communautés paysannes plus résilientes

• Le Burundi fait de plus en plus face à de graves problèmes liés aux changements climatiques couplés d’une forte croissance démographique qui pèse substantiellement sur le niveau de production agricole.

• Au cours des 15 dernières années, la production n’a pratiquement pas augmenté alors que la population a cru au rythme de 3% par an, ce qui a entraîné une baisse de production agricole par habitant de 20%.

• Face à de telles contraintes, le modèle agro écologique propose de nouveaux modes de production et de consommation au service de la sécurité et de la souveraineté alimentaire
.

Le secteur agricole au Burundi dominé par l’agriculture familiale paysanne reste faiblement accompagné par les politiques publiques – avec moins de 10% des parts dans le budget de l’Etat. L’infertilité continue des sols résultant de la combinaison du changement climatique et d’une surexploitation des sols soumis à une densité très élevée de la population (estimée à 600 habitants au km2 dans certaines communes du pays) rend progressivement plus préoccupante la situation de déficit alimentaire décriée dans le pays.
«Malgré une bonne production agricole enregistrée en 2018 à l’origine de la hausse de la disponibilité des vivres au niveau des ménages et des marchés – avec une réduction des prix des denrées alimentaires estimée entre 20 à 35% – mentionne le dernier rapport sur la situation alimentaire au Burundi 2 , plus de 45% de la population rurale se trouve toujours dans l’état de insécurité alimentaire. »

L’agroécologie, une solution ?

Meilleur rendement agricole, sécurité et souveraineté alimentaire, accès aux services élémentaires, aménagement des territoires (dans un contexte d’urbanisation croissante), genre et jeunesse, etc. Tels sont les thématiques
auxquels veut répondre l’agroécologie.

De là, les défenseurs de l’agriculture écologique sur le continent (et ailleurs) justifient entre autres leur intervention par les limites et les impacts négatifs du modèle agricole dit productiviste : dépendance aux intrants chimiques, dégradation de l’environnement et perte de biodiversité, incapacité à nourrir les populations, perte des savoirs et pratiques traditionnels,…

Pour eux : « Ce modèle agricole demeure inaccessible pour une grande partie des familles rurales et contribue à la faible résilience des communautés face aux effets du changement climatique et aux besoins de se nourrir. »

Quelques résultats de l’agroécologie sur le continent

Un article de Jeune Afrique, Le potentiel méconnu de l’agroécologie africaine vanté en marge de la COP21 3 , cite les grandes lignes d’un rapport de l’Oakland Institute 4 sur « le potentiel économique, social et de sécurité
alimentaire des techniques agroécologiques en Afrique.» Extrait.

Diversification des espèces cultivées, semis de deux types de plantes dans un même champ (cultures intercalaires), fertilité des sols ménagées grâce au fumier et au composte, traitement biologique des mauvaises herbes… l’application de ces techniques agroécologiques, relativement simples à déployer, peut faire des merveilles.
C’est le plaidoyer que développe l’ONG américaine Oakland Institute, en pointe sur les questions environnementales, à travers 33 études de cas recensées auprès d’une population de deux millions de foyers ruraux d’Afrique subsaharienne et rendues publiques mi-novembre. L’Oakland Institute montre par exemple qu’à Tigray, en Éthiopie, la productivité des cultures de céréales a crû en de 60 % entre 2003 et 2006, alors même que les quantités d’engrais utilisés ont baissé de 40% sur la même période.
Dans les fermes sénégalaises passées au crible, un programme agroécologique (ndlr), a induit une hausse des rendements (de 5,19 tonnes de riz par hectare à 6,48 tonnes), une baisse moyenne de 3,2 litres du recours aux pesticides et une économie de 60 dollars du coût d’exploitation par hectare. Sur les 14 récoltes étudiées auprès des riziculteurs sénégalais, une hausse moyenne de revenu de 387 dollars a été constatée.

Quid du Burundi

Janvier 2016. Le CCFD-Terre Solidaire en partenariat avec l’AFD lance le PAIES 5 , le premier programme agroécologique de grande ampleur au Sahel (Mali, Niger et Burkina) et dans la région des Grands-Lacs (Burundi, Rwanda et RDC). Objectif : Favoriser l’accès des populations du Sud à leur souveraineté alimentaire. Au Burundi, il sera mis en œuvre par trois organisations, Inades- Formation Burundi, CAPAD et ACORD. Les résultats de ce premier programme sont excellents.

Par exemple, dans une des localités du nord du Burundi sévèrement touchées par le changement climatique, sur la colline Kigoma (Province Kirundo, commune Bugabira), en l’espace d’un an, les habitants de cette colline auront réalisé plus de 200 kilomètres de courbes de niveau, fait pousser près de 100 000 plants et protégé le lac Nagitamo. Avec ces actions, les récoltes dans les champs ont presque doublé et la population des poissons du lac a crû sensiblement.

La première phase du programme PAIES désormais bouclée, la seconde phase a démarré avec le mois d’avril 2018, sous le nom du programme TAPSA, et implique des partenaires de 5 régions du monde : Sahel, Afrique des Grands Lacs, Moyen-Orient, Timor Oriental et Pays andins.

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