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Aimé Christian Nibigira, reconduit pour quatre ans à la tête de l’ACBAB: promesses et défis

Lors du dernier tournoi des héros, le président de l'ACBAB félicite la capitaine du club Les Gazelles, championnes du tournoi

Tout juste réélu avec 17 voix sur 26 pour un nouveau mandat hier soir, Aimé Christian Nibigira au sommet de l’Association des Clubs de Basketball Amateur de Bujumbura fait un détour sur l’état des lieux du ballon orange au Burundi, et livre ses nouvelles perspectives.

Vous venez d’être réélu pour un nouveau mandat de quatre ans. Quelles sont vos premières impressions ?

Je suis satisfait et reconnaissant à l’endroit de l’Assemblée Générale qui a reconfirmé la confiance qu’elle avait en moi. C’est une très bonne opportunité pour moi d’améliorer ce qui a été fait, de rectifier le tir pour ce qui n’était pas bien fait, et enfin d’unir tous les acteurs, intervenants dans le développement du Basketball Burundais afin d’œuvrer ensemble.

Justement concernant ce qui n’a pas été bien fait, l’on assiste à des disputes par rapport aux transferts des joueurs. Quelle est la cause ?

Tout d’abord, les soucis commencent au niveau des clubs. Les ententes qui se font entre les joueurs et les dirigeants des clubs sont internes. L’ACBAB n’intervient pas. Personne n’ignore que les clubs vivent grâce aux contributions des membres. Ceux-là s’accordent sur la gestion, surtout au niveau des avantages à accorder aux joueurs. Ainsi, chaque club possède son règlement d’ordre intérieur qui stipule la règlementation au niveau des mouvements de transferts. Certes, les droits des joueurs doivent être priorisés, mais tout en respectant les modalités d’ententes au sein des clubs.

Vous envisagez quoi pour mettre fin à ces disputes ?

Pour pallier aux magouilles et disputes, nous essayons une application qui sera bientôt fonctionnelle, pour aider dans la gestion du mouvement des joueurs. Dans cette application, toutes les informations liées aux joueurs y seront stockées : de l’équipe d’origine à toutes les équipes fréquentées, chaque mouvement du joueur y sera enregistré. Cela réduira les disputes.

Les terrains de jeu laissent à désirer. Une solution en vue ?

L’ACBAB est consciente du mauvais état des terrains de jeu. L’association gère uniquement les terrains de Gikungu (Toyota.). Nous avons tant bien que mal réhabilité certaines infrastructures, comme les sanitaires, les anneaux et les planches. Cependant, les travaux à faire sont encore très nombreux. On ne peut pas évoquer un terrain praticable, aussi longtemps que, lorsqu’il pleut, les supporteurs n’ont pas d’endroit où s’abriter, lorsqu’on peut aisément regarder les matchs étant à l’extérieur à cause d’une clôture toute endommagée, ou encore, lorsqu’un joueur a le malheur de tomber, se blesse. Une entreprise locale a accepté de réhabiliter les terrains de Gikungu. La phase des négociations est très avancée et les travaux pourraient démarrer d’ici peu.

En quoi consisteront ces travaux ?

La priorité sera mise sur la confection d’une tribune qui pourra quasiment abriter tous les spectateurs, la réparation de l’espace qui sert de terrain, ériger des séparateurs entre le terrain et l’espace pour les spectateurs, la réhabilitation de la clôture, les lampes projecteurs, etc…

L’arbitrage est aussi critiqué et il n’y a qu’un seul arbitre international au Burundi. Que répondez-vous ?

Je ne pourrais pas vraiment affirmer que notre arbitrage est mauvais. Ils excellent par contre. Il est difficile de satisfaire tout le monde. Cependant, le défi reste l’effectif insuffisant d’arbitres par rapport aux matchs auxquels ils doivent prester. Pour ce faire, nous avons instauré un système de formations continues pour en multiplier. Une trentaine de nouveaux arbitres ont reçu des formations pour appuyer ceux qui existent.

Quant aux arbitres internationaux, il est certes déplorable qu’on n’ait qu’un seul qui soit actif. Cela dérive des perturbations au niveau de la FEBABU, mais je reste optimiste qu’avec la collaboration de la FIBA, des formations seront données pour en multiplier.

A quand le professionnalisme ?

C’est un processus à gérer avec beaucoup de finesses. Encore une fois, il ne faut pas juste s’ancrer sur les émotions. Le professionnel ou le semi professionnel font intervenir beaucoup d’enjeux. Cela nous fait retourner à la case départ, sur nos clubs, leur organisation. Ce sont de simples associations sans aucun but lucratif, à la base. Evoquer le professionnalisme insinue des paiements des salaires régulièrement au bénéfice des joueurs, les impôts éventuels, et bien d’autres obligations. Or, les clubs sont gérés par des membres dont la contrepartie serait difficilement envisageable. La probable solution proviendrait de l’appui des entreprises. La loi sur le sponsoring est belle et bien ratifiée mais il reste encore sa mise en œuvre.

Le basketball féminin est à l’agonie. Un plan de relance?

Ce secteur a également des défis à relever. Quand on évoque le basketball féminin, les gens font référence à deux équipes : les Gazelles et Gladiators (ancien Berco Stars). Les 3 autres équipes sont dans l’ombre, sans rendement considérable. Cela affaiblit bien évidemment le championnat. En concert avec une association des anciennes basketteuses, nous essayons tant bien que mal de changer la donne, mais il faut avouer qu’en général, le sport féminin au Burundi est mal en point. Probablement que la culture, les contextes du genre, constituent une balise pour l’avancement du secteur. Cependant, le ministère ayant en charge la jeunesse et le sport devrait y accentuer les actions en maximisant des activités interscolaires au niveau sportif, et encourager les filles à participer massivement, pour y détecter des talents. Il faut également un bon suivi des ainés car les découragements précoces s’observent d’une façon accentuée.

Quelle contribution de l’ACBAB pour les conflits à la FEBABU?

A l’heure qu’il est, le ministère a nommé un comité chargé d’en finir avec ces litiges. Au niveau de l’ACBAB, nous sommes entièrement optimistes quant aux résultats qui y proviendront. Il est grand temps que ces conflits trouvent une issue une bonne fois pour toute, et que le basketball burundais ne revive plus dans des querelles qui sont quasiment insensées.

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