Jimbere

FAITES VOS PUBLICATIONS ICI
Kirundi French English
Art

Quand l’art du dessin en plein expansion au Burundi défie le Covid-19

Oeuvre dun des artistes burundais Olègue Steve Ntwari

Depuis un certain temps, le dessin fleurit malgré le fait que le monde de l’art traverse une période de soudure suite à la crise du Covid-19. Sans pour autant en être totalement épargné, le dessin essaie tant bien que mal de s’en sortir. A notre tour de vous dessiner ce métier qui ne cesse de séduire

Rien n’est figé, pas même dans le monde de l’art. A côté d’autres formes d’art, le dessin est un métier qui semble se développer avec fière allure au pays.  C’est du moins l’avis de Clément Nzosaba, directeur de l’ETSA (Ecole technique secondaire de l’art) de Gitega, la seule pépinière qui produit des artistes depuis 1967.

Pour lui l’art vit de beaux jours, surtout grâce au regroupement des artistes en association. Réfutant en bloc l’idée que c’est un métier à faible capacité de création d’emplois, Nzosaba pense plutôt que c’est un vivier d’emplois. « Avec l’outil technologique, le dessin est un métier qui prend de l’envol. Souvent polyvalents, les dessinateurs ont un éventail de choix d’autres métiers qui se greffent sur celui-ci comme le design, l’illustration, le coloriage, animateur 3D….  Bien plus, se trouver des marchés n’est pas vraiment une mer à boire ».

Jeunesse, diversité, et art de se faire vendre, la trilogie qui fait gagner

La jouvence trône au sommet de cette art. Parmi les plus grosses pointures qui marquent cet art de leurs empruntes, les jeunes sont en grand nombre. « Un phénomène somme toute rassurant quant à l’avenir de ce métier », se réjouit le dessinateur Oleg Steve Ntwari.  Pour lui, cela est un aspect positif dans le sens où « les jeunes veulent constamment s’améliorer, expérimenter de nouvelles techniques, étant donné que ceci est un métier qui exige de l’énergie, de la curiosité et une certaine rigueur ». La maîtrise de la gestion des réseaux sociaux est un autre atout dont les jeunes artistes tirent profit. « C’est un moyen pour faire promouvoir nos œuvres, rester vivants et visibles sur le marché ».

La diversité est l’autre atout qui fait la force de cet art ici au Burundi. « Il y a ceux qui font du stylo, ceux qui sont excellents avec le crayon, avec pinceaux … Il y en a même qui travaillent avec des clous ou des fils, tandis que d’autres pratiquent le réalisme, l’hyperréalisme, le surréalisme… » commente, Hubert Mugisha, amateur de l’art.

« Notre métier n’est pas du tout immunisé face au Covid-19 »

Bien qu’il ait beau être résilient, les séquelles dues à l’épidémie sont inéluctables. Comme d’autres amis dessinateurs qui ont été contraints de mettre en jachère leurs activités, Oleg Sève Ntwari a vu sa première exposition annulée à cause du nouveau coronavirus. Mais il ne s’est pas avoué vaincu car il a opté pour une tout autre alternative non moins intéressante ː faire une exposition en ligne.

Un choix certes intéressant, mais qui ne satisfait pas toutes les attentes. Et pour cause : « Exposer en ligne, ce n’est pas comme une exposition « live » car les gens ne peuvent pas venir apprécier et saisir toute la prouesse, la méticulosité, la technique, combinés avec la l’ambiance feutrée et conviviale des salles d’exposition. Par conséquent les commandes chutent », se plaint Ntawri.

D’autre part, Peter Kamale, artiste dessinateur, se montre plutôt optimisteː « Cela est une période propice pour se concentrer, produire beaucoup plus, s’améliorer en apprenant des nouvelles méthodes, surtout que l’art c’est avant tout un moyen de communication qu’un gagne-pain. Ce n’est pas le coronavirus qui va nous faire céder ».

Loin de l’optimisme de Kamale, Ntwari évoque un autre obstacle à l’épanouissement de l’artː « On n’est pas assez soutenus ici au pays. On compte le plus souvent sur le seul soutien de nos amis. Les sponsors ne s’intéressent pas assez à nous, alors que c’est une condition sine qua non pour développer et exporter nos œuvres à l’étranger et gagner décemment sa vie »

Par ailleurs, le métier attire moins la gent féminine comme l’indique Nzosaba ː « Elles se sont toujours montrées moins enclines à l’idée de faire carrière dans ce métier. Ici (à l’ETSA), nous avons que 6 filles sur une centaine d’élèves, mais ces dernières se démarquent plutôt et obtiennent de bonnes notes ».

Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

To Top
et, facilisis nunc eleifend lectus accumsan