Jimbere

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Femmes Leaders

Elles ont été à la hauteur des divisions

Toutes de l’association Dushirehamwe, elles forment une équipe très soudée pour promouvoir la femme de Rugazi, elle qui fait face à plusieurs difficultés. Entre autres, le concubinage, les unions libres, les viols conjugaux et la gestion des biens familiaux.

Jimbere les a rencontrées au chef-lieu de la zone Muzinda. Elles ont participé à la formation organisée par Dushirehamwe et REJA au mois de décembre dernier, pour débattre sur le leadership et ses principes, la résolution  pacifique des conflits, le plaidoyer et la masculinité positive.

Parmi elles, des mentors pour les jeunes mamans. Floride Ntakiyica, la soixantaine révolue, est depuis 1996, la leader incontestée, la rassembleuse, la pionnière dans la recherche de la paix, la réconciliation et la bonne cohabitation après la crise qui a frappé la commune Rugazi. À ses côtés,  Mélanie Nzeyimana, enseignante à la retraite, est depuis deux ans le point focal de Dushirehamwe dans la commune Rugazi.

Les deux grands-mères ont tout vu. Elles ont fait de leur mieux pour développer leur localité.  Floride Ntakiyica a été l’œil de Dushirehamwe depuis 1996, juste après sa création.  À cette époque, l’ambiance était autre.  Aucune maison de Muzinda n’était sur sa fondation. La guerre faisait des ravages dans tout Bubanza. Elle et neuf autres femmes vont se donner une mission délicate, celle de rassembler les femmes éparpillées par les combats et regroupées dans des camps de réfugiés selon leurs appartenances ethniques. «À dix femmes seulement, il nous était difficile de les rassembler en majorité. Nous avons alors ciblé des femmes qui pouvaient être en contact direct avec tous les réfugiés, et avec une bonne méthode d’approche, notre mission a réussi», témoigne Floride.

Leur action va effectivement porter des fruits. Les femmes vont commencer à s’associer pour travailler ensemble afin d’accroître le rendement. «Malgré nos différends, nous avions tous un ennemi commun, la famine. Hutue ou  tutsie, nous devrions tous la combattre. Cela a été notre premier point d’entente, et la suite n’a pas été difficile puisque  nous étions déjà ensemble », se rappelle Mélanie.

Une nouvelle ère, de nouveaux défis

La guerre n’est certes plus d’actualité, mais les femmes de Rugazi ne sont pas pour autant dans l’eldorado. La lutte des vaillantes femmes n’est pas terminée, elle a juste changé de forme. La culture du riz et des palmiers à l’huile sont les principales activités qui rapportent le plus. Les femmes qui en cultivent ne sont malheureusement pas les premières bénéficiaires. Elles se heurtent au concubinage et l’adultère des hommes après la récolte.

Pour lutter contre ces manies, Mélanie propose que les femmes adhèrent massivement dans des associations, des coopératives, sans toutes fois manquer de respect à leurs époux. «Le changement de comportement  doit commencer par nous-même. Si on se met ensemble, on s’enseigne mutuellement, on s’entraide, et les solutions viennent», confie-t-elle. Elle juge que le projet de soutenir les femmes leaders est venu à point nommé, surtout que la nouvelle génération, le Burundi de demain y est impliquée. «On a besoin de futurs leaders qui prendront la relève. Il y a même des problèmes que nous autres vieilles mamans seraient incapables de résoudre», conclut-elle, sourire aux lèvres.

 

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