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Devises: les transporteurs congolais en grève suite aux nouvelles mesures de la BRB

D’ordinaire encombré, le parking du marché « Chez Sion » qui accueille les agences de transport reliant Bujumbura à Uvira et Bukavu est plutôt vide ce 06 mars 2019

Ce mercredi 4 mars, les propriétaires des agences de voyage Bujumbura-Uvira ont déclenché un mouvement de grève de 15 jours qui pourrait être reconduit si les autorités burundaises ne revoyaient pas la mesure qui exige au voyageur de quitter le territoire national avec une attestation de la banque dans laquelle il a échangé ses devises.  Reportage.

La goutte qui a déversé le vase est la fouille perquisition opérée par la Police au cours de la dernière semaine de février.  « Si la situation persiste, nous serons contraints de suspendre définitivement nos activités au Burundi. Nos clients, qui sont principalement des commerçants, sont malmenés par la police le long de la route jusqu’à la frontière. S’ils n’ont pas cette fameuse attestation sur eux, et les marchandises et les véhicules sont saisis. Même 2 kg de ndagala sont saisis une fois que le propriétaire ne dispose pas du papier de la banque. Des fois, la police va jusqu’à fouiller dans leurs poches pour vérifier qu’ils ne rentrent pas au Congo avec des devises », a déclaré furieux M.J, Responsable d’une des agences de voyage.

Les commerçants du marché communément appelé « Kwa Siyoni » craignent que cette situation n’impacte négativement leurs activités. « Si les agences de voyage et les autorités burundaises ne trouvent pas une zone d’entente, le marché pourrait un jour fermer. Uvira est notre principal marché d’écoulement. Ce problème va perturber nos activités. Dans les banques locales, on peut difficilement trouver 10 000 $. La situation va se compliquer si les Congolais qui venaient s’approvisionner et échanger leurs devises ne viennent plus. Ils sont parmi ceux qui font entrer beaucoup de devises au pays », s’est inquiété Jimmy, commerçant grossiste au marché.

Si les autorités burundaises ne réagissent pas, nous jetterons l’éponge

Selon un autre responsable d’une agence de voyage, un dialogue avec les autorités burundaises est nécessaire pour dégager une solution qui arrangerait les deux parties. « Sans les commerçants, nous n’auront plus aucune raison d’être. Si la Police ne revoit pas ses méthodes, nous serons contraints de fermer boutique. Tous ces petits commerçants fuiront car ils ne pourront pas supporter les conditions imposées. Les quelques fonctionnaires qui travaillent au Congo et rentrent au Burundi, ou vice versa, ne suffisent même pas pour faire fonctionner une seule agence. Or nous comptons aujourd’hui plus de 25 agences de voyage chacune comptant plus d’une quinzaine de voitures. De nombreuses familles des chauffeurs et « kokai » (rabatteurs), des petits commerçants burundais et congolais en payeront le prix cher ».

Une commerçante désemparée trouvée sur place semble être d’accord avec l’orateur précédent. « Les autorités burundaises devraient se souvenir que le dollar n’est pas une monnaie congolaise, la monnaie locale est le franc congolais. À Uvira, nous vendons en francs congolais qui malheureusement ne sont échangés dans aucune banque burundaise. Avant, nous échangions sur place le Fbu en francs congolais ou vice versa, mais maintenant il n’est plus possible car entrer au Congo avec le Fbu c’est comme entrer avec de la fraude. Pour être dans la légalité, il faut d’abord échanger le franc congolais en dollars puis les rechanger en Fbu pour avoir l’attestation. Seulement les banques locales appliquent un taux de change qui n’est pas attrayant », se lamente la jeune commerçante.

Les conséquences de cette grève ne touchent pas que les commerçants. Ceux qui travaillent au Congo et rentrent au Burundi, ou vice versa en font les frais. « Aujourd’hui pour se rendre au travail, le prix a doublé. Alors que le ticket pour Bujumbura-Uvira coûtait 6000 Fbu, aujourd’hui le coût du transport a doublé. A la frontière, on doit prendre un autre taxi du côté du Congo qui coûte autant. Je ne vois pas comment je vais joindre les deux bouts du mois si la grève continue. Si rien ne change, c‘est tout mon salaire qui passera au transport », a déploré un voyageur pessimiste rencontré au poste-frontière de Gatumba.

Qu’en dit l’administration ?

Joint au téléphone, le chargé de la communication à la BRB, Bellarmin Bacinoni, a rappelé que tout voyageur entrant au Burundi doit signaler à l’Office d’immigration le type et le montant des devises qu’il transporte. S’il est en possession des Fbu, il présente une attestation du bureau de change qui les lui a fournis. De la même manière, celui qui quitte le territoire national doit pouvoir attester la banque qui a échangé ses devises. Les congolais sont également concernés.En ce qui concerne les fouilles corporelles qui gênent les Congolais empruntant la frontière de Gatumba, Pierre Nkurikiye, Porte-parole du ministère de la Sécurité public, indique qu’il va se renseigner sur ces fouilles et se prononcer plus tard.

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