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Saïdati Iradukunda, une self-made woman qui inspire ses pairs

Cheffe de quartier à Ntega, cette femme a plusieurs cordes sur son arc. Aide-maçonne, chanteuse et leader, elle est le flambeau dans sa contrée.

En hijab et voile noire, aux premiers abords on la décrirait comme une musulmane soumise, celle qui reste au harem pour s’occuper des travaux ménagers. Mais chez Saïdati, la religion rime aussi bien avec la participation, l’organisation et le développement de la communauté, confiera-t-elle. « Je suis une TT ». Une quoi ? « TT, comme Tous Travaux », laissera-t-elle entendre, dans un rire aux éclats. 

Cultivatrice, cheffe de quartier, chanteuse, mobilisatrice des femmes pour les travaux communautaires et médiatrice, elle porte plusieurs casquettes. Pour ce qui est de la vie, elle a tout compris : mariée et mère de neuf enfants, elle est la briseuse de préjugés. Elle est cette aide-maçonne ayant participé activement dans la construction de l’unique  salle polyvalente de Ntega : « Quand elle  mélangeait le béton et monter sur l’échafaudage avec dextérité, transportant briques et ciment, tout le monde l’admirait pour son courage », témoigne Josias, enseignant à Ntega.

Monter sur l’échafaudage et sur le toit d’une maison … en hijab ?

« Non ! Toute  chose en son temps, rétorque-t-elle. Quand il s’agit d’être au chantier, je me mets en pantalon et au moment de la prière, je porte la tenue appropriée pour ça ». Chanteuse, elle a déjà composé plusieurs chansons pour mobiliser la communauté sur les thématiques en lien avec la santé, l’éducation, …et n’attend qu’un appui financier ou matériel pour entrer au studio les faire enregistrer et lancer une carrière solo. Oui, vous l’avez bien entendu ! Elle veut être également chanteuse professionnelle.

Tout périple commence par un premier pas … 

Après avoir constaté que les boissons prohibées (Kanyanga et autres) sont à l’ origine des conflits sur sa colline, Saïdati eut l’idée de juguler la recrudescence des bagarres, conséquences du phénomène : « A travers des séances de conscientisation, je rassemble les habitants de notre quartier et nous échangeons sur les méfaits de ces breuvages prohibées. Tantôt les brasseurs de ces boissons viennent me dire qu’ils ont abandonné cette pratique. »

Certes, dans ce coin de la commune Ntega, la bière coule à flot même pendant les heures de travail. Claver, l’un des consommateurs de la bière traditionnelle témoignera qu’avant les conseils de Saïdati, il était toujours à couteaux tirés avec sa femme : « A chaque fois que je trouvais de l’argent, mon premier réflexe était d’aller me payer à boire. Mais quand nous avons suivi les conseils de Saïdati, tout va bien dans ma famille ».

Une lutte qui commence à porter des fruits selon les administratifs. A travers un comité mixte de sécurité, les  circuits des consommateurs et les brasseurs des boissons prohibées ont été démantelés, témoigne un administratif, avant de rappeler que  « tout l’honneur revient à Saïdati, la femme leader  qui a eu l’idée de lutter contre la consommation des boissons illégales ».

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