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Janvière Barutwanayo, pilier inoxydable de Kabezi

Elle a beau avoir un âge avancé, mais elle reste indispensable pour sa commune Kabezi, qu’elle a vu se façonner. Dans le meilleur comme dans le pire, elle a toujours été là, à la recherche des solutions. Jimbere a rencontré Janvière à Kabezi, la grande mère qui fait la fierté des anciens et un modèle pour les nouvelles générations.

De loin, elle parait dans la quarantaine. Rapide, pleine d’énergie, rayonnante dans son pagne du 1er mars de l’an passé, Janvière est une femme pleine de vie. Ce n’est que quand elle est en face de nous, qu’on aperçoit ses rides et son corps qui attestent d’une longue vie. « Je viens de l’église. Je donne des enseignements les samedis », s’excuse-t-elle pour son léger retard. Un cahier à la main, son téléphone soigneusement tenu dans sa main gauche, Janvière nous affirme que ses programmes sont réglés à la minute, tellement elle a à faire.

Toujours au service

La jeunesse de Janvière n’a rien d’extraordinaire. Excepté qu’elle est parmi les rares femmes des années d’avant l’indépendance qui ont eu droit, ne fut-ce que d’apprendre à lire et écrire. «À l’époque, c’était un grand privilège de pouvoir côtoyer nos frères sur le banc de l’école. Mais j’ai toujours eu envie d’aller plus loin avec l’école, mais l’époque d’antan ne me le permettait pas », regrette-t-elle. Elle ne finira pas ses études primaires.

Sans instruction, le seul diplôme qui lui était réservé était un foyer, un mari. À seulement 16 ans, la jeune Janvière se marie malgré elle à Innocent Nshimirimana. « Je ne savais rien du mariage. J’étais une jeune fille travailleuse, mes parents recevaient beaucoup de visites des courtisans voulant m’épouser. Je ne pouvais pas refuser. Même après mon mariage, j’ai continué sur mon rythme. Le travail aux champs, les travaux ménagers, je ne me fatiguais jamais, et mon mari ne pouvait que s’émerveiller de moi, même s’il ne me le disait pas. Je l’entendais des autres », se souvient-elle en souriant.

Ailleurs qu’à la maison

Elle va avoir son premier enfant à 19 ans, trois ans après le mariage. « Ces 3 ans sans enfant ont été un fardeau pour moi puisqu’on m’accusait des fois de stérilité, mais j’ai aussi acquis la maturité sur la vie de femme. La petite Janvière est devenue la responsable et la conseillère du voisinage ». La sagesse ne comptant pas sur le poids de l’âge, la jeune femme tient son sens du leadership de son foyer.

Après la crise de 1972, Janvière décide de donner son appui pour la réunification, la consolidation de la paix et la résolution de certains conflits de sa localité. « J’ai commencé par toquer au bureau communal pour aider bénévolement dans l’enregistrement ou l’écriture des listes. Je voulais en quelque sorte avoir un lieu pour lire et écrire et surtout pouvoir rencontrer plusieurs des personnes et s’enquérir des situations que vivent mes compatriotes, mes voisins ». Et c’est ainsi qu’elle va commencer sa nouvelle vie, sa destinée, être au service des autres. Depuis plus de 40 ans, elle se lève et se couche avec le même rêve, celui de voir un Burundi meilleur, sans haine. « Le mieux que je pourrais, je le ferais sans aucune hésitation. Ma conviction est de partir de ce monde en laissant une histoire, aussi petite qu’elle soit, elle servira sans doute à la nouvelle génération. »

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