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Société

Elles luttent contre les mariages précoces

Muhanga, une des communes de Kayanza, a un défi majeur : les mariages précoces. Anitha Nkengurutse, Fidélité Nyandwi, Fabiola Nsengiyumva et dautres femmes, toutes membres de l’Association des Femmes Rapatriées du Burundi (AFRABU) ont pris les devants pour combattre ce phénomène. Rencontre

Elles ont des profils différents, mais les objectifs sont les mêmes. «C’est triste de voir une élève brillante en classe, stopper prématurément ses études, car engrossée par un travailleur de maison qui vient de Bujumbura.», regrette Anitha Nkengurutse, directrice à l’ECOFO Ndava. La tristesse de cette maman de 3 enfants se lit sur le visage. Elle a la rage. À qui la faute? Sans ambages, elle pointe du doigt les parents : «Les parents sont les premiers coupables. Ils n’encouragent pas leurs enfants surtout les jeunes filles.», affirme-t-elle. Pour ce, elle a décidé de sortir du bureau et de la classe, pour visiter les parents des élèves. Aidée par certaines femmes leaders dont Nyandwi Félicité, la sensibilisation prend de l’ampleur, mais la route est encore longue.

Plus la pauvreté s’accentue, rares sont les filles qui continuent à étudier, constate Félicité : «Il y a un phénomène de migration des jeunes garçons vers la Tanzanie, aidés par des recruteurs appelés «abenyeji» et qui, au retour, avec une certaine somme d’argent, ciblent les jeunes filles adolescentes, et ces pauvres filles ne peuvent pas refuser leurs petits cadeaux empoisonnés.»

Un manque criant de modèles

Muhanga est très peuplé, mais avoir des lettrés serait comme chercher des fleurs dans le désert. Du coup, les jeunes manquent de mentors. Fabiola Nsengiyumva, une jeune femme de 28 ans, est parmi les rares femmes ayant décroché leur diplôme du secondaire. Pour elle, il est normal qu’une élève de la 9ème année puisse arrêter pour un mari car elle n’a vu que ça sur sa colline.

Et c’est justement après la formation sur le leadership, la résolution pacifique des conflits, le plaidoyer, la masculinité positive, que les braves femmes ont décidé plus que jamais de donner toute leur énergie pour combattre les abandons scolaires et les mariages précoces. «On ne va pas attendre un nouveau messie pour sauver nos jeunes.  À nous d’agir, et on est très outillé pour ça», fait savoir  fièrement  Félicité Nyandwi.

 

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