Lutte contre la pauvreté dans les communautés, la consolidation de la paix et la sécurité, la non-violence active, le renforcement des capacités, le leadership des jeunes, la confrontation avec les changements climatiques… Tels sont les objectifs de CPAJ

Difficile d’ignorer, à l’exception près de la génération nouvelle, la crise qu’a connue le Burundi au lendemain des élections de 1993. Des violences qui n’ont pas épargné la capitale, bien au contraire. Les quartiers de Bujumbura s’étaient balkanisés selon les ethnies : inimaginable qu’un habitant hutu de Kamenge songe à traverser la route qui mène à côté vers Cibitoke, pourtant quartier voisin, ou qu’un tutsi de Musaga se rende sans crainte à Kanyosha.

En 1995, la crise atteint son paroxysme à Bujumbura, avec des tueries perpétrées par des jeunes, la plupart devenant des drogués et des alcooliques. Le pays perd à grande échelle ses enfants. Fort heureusement, des jeunes qui n’ont pas répondu aux sirènes de la violence prennent l’option de lutter pour une jeunesse saine,  et ambitieuse. Ainsi donc naît en 1995, le CPAJ (Collectif pour la Promotion des Associations des Jeunes).

Au début, 8 organisations de jeunes se mettent ensemble, avec pour objectif, la lutte contre la criminalité et les actes de violences posés par les jeunes. Mission très délicate à l’époque, comme l’affirme Ignace Niyonzima, coordinateur national de CPAJ. «A cette époque, les jeunes des quartiers étaient devenus incontrôlables. C’était le chaos à Bujumbura. Mais face à l’ampleur du danger que posait la banalisation de la criminalité au sein de la jeunesse, il fallait d’urgence faire quelque chose.»

Les pionniers du CPAJ vont alors organiser des sensibilisations auprès des jeunes de différents coins de Bujumbura, sur les méfaits de la guerre, initiant la résolution des conflits dans les communautés. Son action participera à calmer les violences urbaines, et amorcer des formes de dialogue entre jeunes des différents quartiers de Bujumbura.

Contre la violence

Bien des années plus tard, le danger pesant sur les jeunes a changé. Désormais, c’est le chômage. Du coup, le CPAJ opère actuellement sur plusieurs volets, notamment la lutte contre la pauvreté dans les communautés, la consolidation de la paix et la sécurité, la non-violence active, le renforcement des capacités, le leadership des jeunes, la confrontation avec les changements climatiques, etc.

23 ans au service des jeunes sont une expérience unique : «Le CPAJ compte actuellement plus de 30 associations, et couvre tout le pays», indique Ignace Niyonzima. Ainsi, «la crise de 2015 nous a interpellé. Nous avons alors pris l’initiative d’organiser des décentes à Buyenzi et dans d’autres localités pour sensibiliser nos jeunes sur les méfaits des conflits.» Objectif : expliquer aux jeunes qu’ils peuvent s’impliquer dans la politique sans pour autant recourir à la violence.

Soutenir les femmes leaders, plus qu’une priorité

Le projet de promotion du leadership féminin initié par SFCG renforce la vocation du CPAJ : «Désormais, les femmes et filles sauront, par des formations et des séances de sensibilisations, qu’elles peuvent s’auto-développer, mentalement que financièrement, mais aussi participer dans la prise des décisions qui les concernent. Le pays a besoin de plus de femmes leaders qu’il en a», souligne Ignace Niyonzima.

 

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