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Société

« A Rumonge, la vie active des musulmanes se limite à la cuisine »

La ville étant à majorité musulmane, la religion ne permet pas à la femme de vaquer à des activités en dehors de sa maison, et surtout pas, génératrices des revenus selon Awa Seif, une femme du quartier swahili de la commune Rumonge: « La vie active d’une femme musulmane se limite entre les quatre murs de la cuisine ».

Il est 15 h tapant. Le soleil est accablant au quartier swahili de Rumonge. Au balcon extérieur de l’hôpital, deux femmes sont adossés au mur. L’une d’elle, Awa est enceinte, et Rehema, sa voisine, qui l’a accompagnée de peur des vertiges dont Awa est souvent victime. Toutes les deux vivent à la 8ème avenue et l’hôpital se trouve à la 5ème avenue, environ 150 m de distance sépare les deux ruelles.
Le soleil semble les avoir affaiblies et surtout Awa qui ne parvient pas à cacher son essoufflement bien qu’elle s’efforce de sourire. Vers la trentaine, l’enfant qu’elle porte dans son ventre est son quatrième. Sa grossesse étant à son terme, elle aurait dû avoir déjà accouché il y’a plus ou moins deux semaines.  « Je suis venue voir le docteur. Ce retard m’inquiète beaucoup », révélera Awa.

Musulmane dès sa naissance, elle est mariée à un chauffeur musulman pour qui la charia est un code de vie à l’image la majorité des habitants de la localité. Comme le coran le stipule bien, il n’est pas permis à la femme de vaquer à des activités génératrices de revenu : « Je passe toute la journée à la maison. Mon travail quotidien se limite à la cuisine. Je me réveille quotidiennement à huit heures du matin, le domestique se réveille un peu plus tôt et s’occupe de la propreté. La religion interdit que la nourriture soit préparé par un non-musulman. C’est pourquoi nous les musulmanes restons à la maison pour préparer la nourriture. »
La locataire de Rumonge enchaîne en expliquant que « après la cuisine, je me repose. Compte tenu de mon état de santé, après la sieste, je rends visite à mes voisines en attendant la préparation de la nourriture de la soirée. »

Juste des petites activités commerciales

Bien que les femmes des milieux musulmans ne soient pas autorisées à vaquer à des activités génératrices de revenus, celles de Rumonge se créent de petits business juste devant les portails de leurs maisons: « Comme souvent je s’ennuie à la maison, et surtout pour éviter de prendre du poids, pendant les périodes de grande production lacustre, je me rend au lac et j’achète des poissons que je revends sur mon étagère devant le portail de la maison. Mais depuis un certain temps, je ne le fais plus et cela n’affecte en rien notre vie quotidienne. Pour moi, c’est un passe-temps car mon mari subvient à tous mes besoins » conclue-t-elle son témoignage.

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