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Côme depuis Cankuzo : « Jeune, agriculteur et entrepreneur, mais oui c’est possible ! »

Côme, 27 ans, s’est orienté vers l’agri-élevage pour réaliser ses rêves. En 2011, alors élève en 7ème année, il débute avec l’élevage des chèvres. Depuis, et le cheptel et la terre cultivée, se sont multipliés … Une leçon de patience et de courage

Côme Nahimana est un jeune homme de 27 ans. Il vit sur la colline Mugozi, zone et commune de Cankuzo. Il termine le secondaire en 2018. Mais les moyens pour poursuivre l’université font défaut. Dans de tel cas, d’habitude, deux alternatives s’offrent aux jeunes burundais : se marier ou quitter la campagne pour la ville à la recherche d’une vie meilleure. Le jeune homme décide plutôt de canaliser toute sa frustration dans l’agriculture. 

L’idée n’est pas nouvelle. Car sa passion pour l’agroentrepreneuriat remonte à 2011. Il est alors en 7ème année. « J’aimais beaucoup le cours d’agriculture. Je le trouvais intéressant car il parlait de ma réalité. Et lorsque j’ai eu mon premier job, avec 80.000 Fbu en poche, rapidement j’ai acheté 3 chèvres. A la fin du secondaire, le cheptel avait triplé … » confie le jeune entrepreneur. 

Persévérer, persévérer, et persévérer 

« L’essentiel est de ne jamais croiser les bras et continuer d’expérimenter de nouvelles choses. » C’est avec cette conviction qu’il se lance dans l’agriculture: « En 2018, j’ai vendu 3 chèvres pour 150.000 Fbu. Je suis dans un processus d’apprentissage des semences de qualité, et en calibrant le temps et les circonstances de l’usage de l’engrais pour de meilleurs rendements. J’ai commencé par cultiver du maïs et du manioc. Avec les récoltes, j’ai calculé que entre ce que j’avais dépensé et ce qu’il me restait, j’avais gagné plus de 200.000 Fbu. » 

Les débuts sont toujours difficiles, dit-on. Le cas de Côme est une parfaite illustration, beaucoup d’efforts et de persévérance : « Pour faire du profit dans l’agriculture, il faut plus de terrains, des semences de qualité, des intrants, de la main d’œuvre, du bétail pour le fumier, et surtout de la patience et du courage. Voilà pourquoi les plus jeunes ne s’y intéressent pas beaucoup car ils estiment que le domaine n’est plus prometteur et préfèrent la ville en quête d’éventuelles opportunités qui se transforment parfois en pire cauchemar. Tout ce qui compte c’est l’amour du travail, et les choses, petit à petit, prennent forme. » 

Comme il n’avait personne pour l’appuyer financièrement, Côme a commencé avec de petites exploitations qu’il a élargies au fil du temps. Depuis, ses exploitations (il en loue certaines, d’autres sont des domaines familiaux) se sont multipliées par 5, passant de 0,5 ha à 2,5 ha. Par ailleurs, il compte agrandir son cheptel, aujourd’hui à 13 chèvres, et acheter des vaches. Dans ses plans, l’ambition est de devenir le plus grand agriculteur de Cankuzo: « J’aurai réussi, lorsque j’aurai acheté mes propres terres et construit une vaste ferme. » Ceux-là, on les aime … 

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