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La consommation de l’alcool chez les mineurs, la triste réalité au Burundi

Il n’est pas rare de rencontrer dans les bistrots ou autres lieux de vente des produits alcooliques dans les milieux urbains, des mineurs dont la plupart encore élèves, se soûler au vu et au su des adultes.

Bières, liqueurs et boissons prohibées sont les principales commandes de certains mineurs qui fréquentent des bistrots ou de petits kiosques aménagés dans les quartiers en Mairie de Bujumbura.

Certains en profitent pour taffer du tabac et des stupéfiants. Plus étonnant encore, des filles mineures ne sont pas épargnées. Elles aussi picolent comme leurs semblables…, histoire, disent-elles de faire la fête, de s’amuser.

Certes, l’alcool a toujours accompagné les burundais dans les cérémonies heureuses ou malheureuses. Mais de nos jours, surtout chez les jeunes, on boit pour boire. Boire devient une compétition démesurée. S’enivrer est comme un acte de bravoure. La drogue s’y associe. Et fatalement, le sexe aussi.

Les conséquences sont légion

Vraisemblablement, il est facile d’imaginer l’avenir de ces enfants qui s’autodétruisent sous le regard impassible de leurs aînés. La majorité de ces mineurs sont encore sur le banc de l’école, il serait difficile de croire comment ces derniers pourront réussir. Si rien n’est entrepris, ils risqueront de se perdre dans la délinquance juvénile.

Nadine Niyonzima, une quadragénaire, se lamente de l’état comportemental actuel de son rejeton qui ose subtiliser de l’argent dans son sac à main pour s’acheter des stupéfiants. Ce dernier, âgé de 16ans, est encore élève en 9ème année. Il y a 2 ans, il a commencé à demander de l’argent à sa mère, soi-disant qu’il servira comme argents de poche surtout pour les fêtes d’anniversaire des camarades de classe. Nadine regrette d’avoir fait trop de confiance à son fils : « Je n’ai jamais imaginé que mon fiston adoptera un tel comportement. Je regrette de ne pas avoir fait suffisamment attention sur ses fréquentations. » Et de déplorer qu’actuellement son fils s’absente à l’école des fois pour aller s’ingurgiter des bières et rentre tard la nuit : « Ses notes ont également chuté. »

Un des directeurs d’une école secondaire de Bujumbura indique que les conséquences chez les élèves qui prennent de l’alcool sont funestes. « L’une des causes des échecs scolaires émane de la consommation abusive de l’alcool et des drogues chez les jeunes. » martèle-t-il. Eventuellement, signale-t-il, certains élèves y vont fort en se présentant à l’école étant ivres. Dans ce cas, précise-t-il, des punitions sévères sont prises à l’endroit de ces derniers allant même jusqu’aux renvois scolaires.

Comment combattre résolument ce fléau ?

La loi burundaise stipule qu’il est interdit aux personnes âgées de moins de 18 ans de prendre de l’alcool. C’est également mentionné sur les étiquettes de plusieurs bières de la BRARUDI.

Certainement, cette loi n’est pas considérée par les vendeurs des boissons alcoolisées qui ne fournissent aucun effort pour restreindre ou mettre fin à la vente de l’alcool aux mineurs et indifféremment ceux-ci sirotent sans soucis.

David Ninganza, directeur du centre de protection de l’enfant SOJPAE BURUNDI fait appel à l’Etat et à toutes les parties prenantes de conjuguer leurs efforts pour éradiquer ce fléau.

Pour lui,l’exigence des cartes d’identité pour les jeunes sollicitant des boissons alcoolisées est nécessaire afin d’éviter leur consommation chez les mineurs.Et d’ajouter que l’action concrète de la police et des élus locaux pour sanctionner les contrevenants est indispensable.

Un article rédigé par Adiel Bashirahishize dans le cadre du stage au sein du Magazine Jimbere comme un ancien du programme « Enfants journalistes » de l’UNICEF Burundi.

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