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Coopolab : « Gusoma igitabo » à la place de « Gusoma icupa »

Lire un livre au lieu de boire un verre, ou les deux à la fois, car l’un n’empêche pas forcément l’autre, voilà l’un des objectifs de la Copolaab (Coopérative de promotion des œuvres littéraires et des auteurs du Burundi), car rappelle-t-elle : « La lecture est un plat moins consommé au Burundi ». Joseph Butoyi, président de la coopérative livre quelques éclaircissements sur leur travail.

« Certes, les écrivains qualifiés et compétents se comptent sur les doigts de la main. Mais, le Burundi en a tout de même. Comment vivent-ils leur passion ? Qu’en tirent-ils ? Sont-ils motivés pour pouvoir réaliser leurs ambitions ?». Telles sont entre autres les questions que se pose Joseph Butoyi, l’initiateur de ce projet. C’est pour essayer de trouver quelques solutions que la coopérative a été créée le 7 juillet 2019. Cette dernière regroupe certains écrivains/auteurs, et va leur offrir un espace pour débattre, s’entraider, et promouvoir leurs œuvres. En 6 mois d’existence, le « bébé » compte 7 écrivains burundais adhérent.

« Petit à petit, l’oiseau fait son nid. Au niveau de la coopérative, nous voulons détecter tous ces jeunes talentueux, ces fous de la lecture, ces jeunes qui veulent raconter des histoires dans des livres, pour garder et propulser leur savoir-faire », ajoute-t-il. Pour y arriver, il fait savoir que la coopérative compte créer des clubs de lecture dans les établissements scolaires. Cela pour aider tous ces jeunes qui ont une passion pour la lecture/écriture mais qui n’ont pas un espace d’épanouissement. Quelques clubs de lecture sont déjà fonctionnels.

A Bujumbura, c’est le cas notamment à l’Ecole Internationale de Bujumbura, le Lycée Sainte Famille de Kinama, le Lycée de la Convivialité de Kanyosha et au Lycée SOS. A Ngozi, il y en a aussi au Lycée Islamique. Mais Bujumbura, Gitega et Ngozi ne sont que les provinces pilotes. La coopérative planifie aussi des formations pour les animateurs des clubs de lecture mais également des ateliers d’écriture dans les écoles dans le cadre de son action qui vise à faire « aimer » la lecture/écriture aux Burundais.

Des points de vente des livres pour bientôt 

A côté de ces clubs, la coopérative installera des points de vente des livres d’auteurs burundais pour rendre disponibles leurs œuvres sur le marché.  Dans ses prévisions, la coopérative compte ainsi implanter 20 points de vente à Bujumbura, 5 à 10 à Ngozi et Gitega. A la longue, il y en aura aussi à Rumonge et Ruyigi.  

De nombreux défis à relever

« Le premier à relever concerne est le désintéressement. Aussi longtemps que des initiatives seront prises, mais que les concernés ne s’y joindront pas, les résultats seront toujours négatifs », explique Butoyi.

L’autre défi concerne les maisons d’éditions. Il cite 3 maisons d’édition locales : Bandima édition, Sanze haka, et les Editions Iwacu. Pour lui, ces maisons sont suffisantes. La balle se retrouve dans le camp des écrivains locaux, du moins concernant leur capacité financière. Et d’ajouter : « De l’achat du papier à l’impression, en passant par toutes ces petites commissions à gauche-droite, les démarches sont nombreuses et coûteuses. Or les jeunes ont des moyens limités alors que la production d’un livre est un travail de longue haleine ».

A ce propos, Joseph Butoyi fait savoir que la recherche des partenariats susceptibles d’appuyer les écrivains, est dans le cahier des charges de la coopérative.

Un article rédigé par Sabrah Saïd Amor dans le cadre du stage au sein du Magazine Jimbere comme ancienne du programme « Enfants journalistes » de l’UNICEF Burundi.

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