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Environnement

Croissance économique et couvert forestier : un équilibre s’impose

Conjuguer développement avec la préoccupation de préservation des bois, voilà le défi du Burundi pour les années à venir tant la matière est sollicitée comme bois de chauffe, en construction, en équipements immobiliers ou pour diverses décorations. Dès lors, la question est de savoir comment éviter que cette course vers l’urbanisation et la démographie galopante ne fassent disparaître une ressource aussi précieuse qu’est les forêts ? Quelques pistes pour saisir la complexité et les enjeux du phénomène… 

Les chiffres pour saisir l’ampleur et l’urgence du défi donnent le tournis : Selon les estimations, le couvert forestier du Burundi, estimé à 171.625 ha, pourrait disparaître dans 25 à 33 ans.

D’après la Banque Mondiale, les superficies forestières hors espaces agro-forestiers ont été réduites de moitié entre 1990 et 2007 c’est-à-dire de 289.000 ha en 1990 à 133.600 ha en 2007. La pression démographique, la recherche du bois de chauffe et du bois d’œuvre, les destructions par les feux de brousse et la sécheresse induite par les changements climatiques sont à l’origine du déboisement accéléré du pays évalué entre 0,5 à 2 %/an. 

Selon un rapport de la FAO, les ressources forestières et agro-foresteries occupaient en 2008 près de 211.000 ha soit 8 % du territoire national dont 95.000 ha de boisements publics et communautaires (Eucalyptus, pins), 56.000 ha de forêts naturelles et plus de 722.000 ha d’espaces plantés d’essences agro-foresteries, fourragères et fruitières.

Bien plus, 90% des ressources énergétiques du pays proviennent du bois.  Au niveau national, la consommation nationale du charbon est de 104.718 tonnes de charbon de bois alors qu’elle est estimée à 56.548 tonnes et 13. 552 tonnes pour la population urbaine de Bujumbura et de Gitega, à elles seules, ces 2 dernières entraîneraient une perte annuelle de 3. 505 à 4. 673 ha de couvert forestier.

Une ressource précieuse à protéger à tout prix

Pour bien gérer une forêt, il faut en prendre soin, lui laisser le temps de pousser, replanter, préserver les animaux qui y vivent ainsi que l’ensemble de l’écosystème. Au niveau international, le respect de la biodiversité a été réglementé en 1993 à travers la Conférence d’Helsinki qui en a défini le cadre de gestion d’une forêt pour être durable. Selon le document sanctionnant cette conférence, la forêt est une ressource majeure à préserver : en effet, au-delà de sa fonction économique importante, elle est dotée d’une véritable fonction sociale : c’est un lieu de loisirs, de sports, d’arts et de culture. Elle assure également une fonction écologique essentielle : production d’oxygène, séquestration du CO2, épuration de l’air et de l’eau, stabilisation des sols et abri d’une biodiversité très riche mais de prime abord la forêt est capable en premier lieu de favoriser la fertilisation du sol et d’assurer une sécurité alimentaire.

 L’urgence de faire front contre la déforestation

Pour changer la donne en matière de déforestation et de perte de biodiversité, il s’impose un changement profond de la manière dont nous produisons et consommons la nourriture pour limiter les consommations en bois de chauffe, cela passe par la promotion des énergies renouvelables (biogaz, gaz, de l’énergie solaire et éolienne) pour réduire l’utilisation du charbon de bois. Les nouvelles techniques de fabrication de charbon écologique à base de déchets (les sciures, les rafles de maïs, les sons de riz ou encore de parches de café, etc…) se révèlent très salutaires malgré leur accessibilité limitée faute de leur coût élevé d’où une politique nationale d’exonération fiscale est requise.

Le Gouvernement doit se montrer également ambitieux en veillant à ce que le rythme de déboisement soit suivi systématiquement par celui du reboisement, sachant que la déforestation contribue fortement à l’érosion de la biodiversité, au réchauffement climatique. Saluons tout de même l’initiative de reboisement national du Gouvernement burundais à travers le projet «Ewe Burundi Urambaye» dont l’objectif principal est de reconstituer la flore des collines du Burundi jusqu’en 2025.

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