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La danse au Burundi : entre défis et opportunités

Dans le cadre de leurs anniversaires de 7 ans, le groupe de danseurs Keys of Dance K.O.D en sigle, organisait ce samedi 16 janvier 2021 au siège de Buja Sans Tabou, une session de partage entre danseurs autour du thème « Ouvrons nos horizons ». Un moment riche en échanges.

Si la danse est une pratique ludique corporelle très ancienne, considérée comme un moyen d’expression et de transmission de valeurs culturelles, le constat est qu’elle reste incomprise au Burundi. Il suffit de jeter un regard autour de vous pour se rendre à l’évidence : la danse n’est pas vraiment prise au sérieux.

A titre d’exemple, si vous êtes un parent, comment considéreriez-vous votre enfant qui veut faire de la danse sa profession ? Dans quelle mesure la danse est-elle présente dans les systèmes éducatifs formels et non formels au Burundi ? Dans quelle mesure la danse est-elle un outil aux mains des professionnels ? Est-il opportun d’utiliser la danse non seulement comme une forme d’art ou un moyen d’expression, mais plutôt comme un outil de marketing, d’identité ? Ces questions et tant d’autres étaient au centre du débat lors de cette session de partage organisée par le groupe Keys of Dance.

Un gagne-pain non valorisé

 « Qu’est-ce que la danse pour toi ? On peut facilement trouver la définition de la danse sur Wikipédia et dans différents dictionnaires. Mais aujourd’hui, il est plutôt question de trouver une définition propre à toi. Une définition que tu vas te répéter chaque matin quand tu te lèves. Ainsi tu parviendras à donner un sens à ce que tu fais et à le valoriser à sa juste valeur, sinon tu risques de basculer dans les étiquettes de la société, tout le discrédit que ça embarque et ainsi te décourager », c’est par ces mots que la danseuse Florette Foufoudé, la conférencière de la journée ouvre la séance.

« Nous devons nous imposer. Si nous, danseurs, sommes rigoureux professionnellement envers nous même, les autres n’auront qu’à adhérer, naturellement. »

Pour elle ː « La danse offre un moyen unique d’échanger avec d’autres sur ce que nous voyons, ressentons, pensons et éprouvons. C’est la forme d’art dans laquelle le mouvement humain devient le moyen pour la détection, la compréhension et la communication des idées, des émotions et des expériences. La danse a son propre contenu, son vocabulaire, ses compétences et techniques, qui doivent être comprises et améliorées du jour au jour afin de maîtriser cet art. »

Et de rappeler l’importance de se fixer des objectifs, de dresser les plans et de faire de la recherche un cheval de batailleː « La danse est un mélange en constante évolution qui mobilise l’intellect, l’émotionnel et le physique.  Nous sommes dans l’ère du numérique où il est devenu facile de tisser des liens avec des gens de partout, c’est surtout facile d’apprendre de nouvelles choses. La recherche est une vertu pour un danseur. »

Défis et pistes de solution

Comme exprimés par les danseurs, les défis auxquels ils font face au quotidien sont multiples. Certains sont physiques et d’autres émotionnels sans oublier le regard de la société. Plusieurs questionnements qui ont constitué les thèmes pour les travaux en groupeː comment soigner l’image du danseur au Burundi en commençant par la famille, les parents, les amis ? Comment professionnaliser celle-ci ? Comment l’artiste danseur peut-il vivre de son art et vendre son art ? Tant de questions auxquelles les artistes ont essayé d’apporter des réponses dans des travaux en groupe.

Et le constant est sans appel. Il leur faut beaucoup de sacrifices et de l’excellence pour y arriver. Et l’excellence vient de l’intérieur, à l’interne des groupes. Pour cela, les danseurs se sont convenus que la discipline et la ponctualité doivent être de mise, tout comme l’écoute de la critique, l’esprit d’équipe, etc.

Par ailleurs, vu que les arts sont transversaux, les danseurs ont ainsi insisté sur l’importance de collaborer avec les autres artistes évoluant dans d’autres domaines. La création d’une amicale des danseurs pour fédérer tous les groupes et défendre leurs intérêts, a également été suggérée.

La soirée s’est poursuivie sur la projection des messages envoyés par leurs confrères danseurs de l’étranger pour enfin se clôturer sur un partage de verre dans une ambiance festive, dansante. Entre danseurs, Ça ne pouvait se finir autrement.

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