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La femme burundaise face à des interdits séculaires

Plusieurs interdits frappent la femme burundaise et ce au quotidien. Si certains d’entre eux tendent à disparaître, avec raison, d’autres ont la peau dure. Répertoire des certains tabous qui touchent la gent féminine au Burundi

Interdits concernant la période menstruelle

Interdiction de boire du lait de vache : les conséquences pour une femme qui boit du lait de vache pendant ses menstruations est de voir le dos de cette vache  brisé (gucika umugongo) et de donner du sang au lieu du lait. Un interdit qui a depuis (presque) disparu. Actuellement, si on en a les moyens, dans cette période délicate où la femme est sujette (dit-on) à des humeurs diverses, la priver d’une de ses envies serait suicidaire (dit-on aussi).

Regarder (ou voir) des vaches : ces dernières seraient alors maudites (guhumana). Actuellement, l’interdit a disparu. Si cela s’était avéré vrai, que la gente bovine trépasse aussitôt vue par des yeux féminins, la vache serait maintenant une espèce en voie d’extinction au Burundi.

Manger du beurre : interdiction liée à la prohibition de boire du lait, au risque de voir le beurre pourrir. Peut-être était-ce une façon de protéger des toutes les bouches affamées un mets rare…

Se présenter en public : pendant cette période, on supposait que la femme était impure, maudite. Un interdit dont on n’entend plus parler actuellement mais « qui aurait peut-être arrangé certaines flemmardes », dixit celles qui ont érigé la grasse matinée en religion lors des menstrues.

Passer derrière son frère ou tout autre homme : ces derniers risqueraient d’avoir le dos brisé. Interdit que même les anciens jugent actuellement farfelu. Sinon, le Burundi n’aurait plus d’hommes valides au moment où je vous écris.

S’approcher d’un homme qui va à la pêche, toucher un quelconque outil utilisé pendant la pêche, se présenter tout court au quai des pêcheurs : la pêche est l’activité qui recense le plus d’interdits sur la femme, des tabous qui, contrairement à ceux cités en haut, perdurent et sont particulièrement suivis.

Interdits dans la vie de tous les jours

La femme ne devait pas manger le foie, son extrême tendresse lui aurait gâté les dents et l’aurait empêchée d’enfanter des enfants bien portants. Nos aïeux étaient goinfres et cupides.

Ne pas parler (s’exprimer) en public : ce n’est plus un interdit, c’est du machisme ancré dans la société burundaise. Malgré tout le bon vouloir des pouvoirs publics, l’action des organismes œuvrant dans la promotion de la femme, cet interdit insidieux plane toujours sur l’émancipation totale de femmes burundaises. Conséquence, souvent c’est la femme elle-même qui s’auto-discrimine.

Parler à haute voix : l’homme burundais rêve depuis les temps immémoriaux d’une femme soumise, obéissante, une nonne. Donc une qui vocalise avec conviction ses idées  vient soit de Buyenzi ou de Bwiza (quartiers populaires de Bujumbura), soit n’a pas été éduquée. Ce qui pour certains veut dire malheureusement la même chose.

Rentrer tard : celui qui dira que cet interdit est spécifique au Burundi sera un fieffé menteur. Pour revenir à notre pays, même à Bwiza et à Buyenzi, les femmes y sont obligées de rentrer tôt.

Escalader un mur : comme quoi, le mur serait maudit. Ma grande question est de savoir ce que risque un mur « maudit ». Être éternellement debout sans se reposer ?

Construire un enclos, une clôture ou un mur mitoyen : l’explication est qu’un enclos construit par une femme garderait des trous par lesquels passerait des voleurs. Une comparaison avec la nature même de la femme. Sans commentaires (des mineurs risquent de tomber sur cet article).

Construire une maison ou sa toiture: s’il est interdit à une femme de construire une clôture, imaginons maintenant une maison. Mais ce sont des interdits qui n’ont pas résisté au contexte économique dans lequel évoluent les Burundais. Les femmes-maçons, on en rencontre désormais sur les chantiers à travers tout le pays.

Siffler : il était interdit à la femme de siffler, parce que c’était une façon de montrer son ascendant sur les hommes. Était-ce une façon de ménager nous pauvre hommes qui ne savons pas siffler ? Merci.

Se moucher en public : il est vrai, au Burundi, même à Bwiza ou Buyenzi, il est très rare de voir une femme qui se mouche.

Se racler la gorge : une activité très virile réservée aux mâles, disait-on.

Draguer (courtiser) : une femme qui drague était considérée comme une aberration. Un interdit qui a fait des victimes  même dans les rangs des hommes. Le retour du bâton, diront certains.

2 commentaires

2 Comments

  1. Muhoza Guillaume

    5 avril 2019 at 14 h 47 min

    Ce qui est désolant c’est que la plupart de ces interdits sont perpétuées par la gente féminine elle-même!!
    Il y a une mentalité selon laquelle le diplôme de la femme c’est avoir un mari;Elles grandissent alors dans la complaisance ignorante et gardent tête basse face à toutes ces sottises imposées par la société phallocratique,elles se disent:faut que je grandisse douce,faut pas que je bouscule les hommes sinon la société risque de me taxer d’impolie,et je manquerai un mari.
    Par contre les Jeunes garçons apprennent à se surpasser pour pouvoir garantir à leur enfants(la femme y compris car en Kirundi disent-ils Umugore n’umwana mu bandi) une bonne vie.On apprend nous les hommes à dominer et les femmes se complaisent d’apprendre à être dominé.

    Je me rappelle comment à l’école secondaire on injuriait, malmenait une jeune adolescente qui avait la malchance d’avoir des règles surprises,C’était pour les mâles une occasion de réaffirmer leur suprématie sur les femmes et les filles derrière les coulisses se moquaient souvent de leurs consoeurs!

    la solidarité féminine est une obligation pour l’amélioration de la condition féminine!

  2. Courtois

    5 avril 2019 at 19 h 32 min

    Mais déjà ces interdits n’existent plus.

    Mais on entens dire que la femme burundaise est encore soumise à l’homme!
    Mais au Bureaux on y trouve des femmes.

    Si il aurait la discrimination, il se pourait que ce sont elles qui se discriminent pour ne pas dire qu’elles ne se preoccupent de ces préoccupations de la mondialisation.

    Moi je suis contre les les 30%.
    Plutôt une femme capable,qu’elle occupe un poste grace à ses competences.
    Celle qui n’en est pas qu’elle occupe son rang.

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