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Entrepreneuriat

Ferdinand, millionnaire grâce à la vente des cartes SIM

A peine la trentaine, Ferdinand Ninteretse, à la tête de Bright Business for Development (BBD), l’actuel partenaire* nº1 d’Econet-Leo pour ce produit financier, nous raconte sa belle initiative qui fête bientôt deux ans.

Lorsqu’on se plonge dans ses riches histoires des jeunes entrepreneurs, on ne peut jamais s’empêcher d’être surpris et ému. L’aventure de celui que l’on surnomme désormais, avec raison, « Muruturutu » (au-delà de ce qui peut être espéré), venu à la capitale pour continuer ses études supérieures à l’université du Burundi, débute en 2010 après avoir réussi la première année de la faculté des langues anglaises. « J’avais ce sentiment d’un vide en moi. Quelque chose que je devais nourrir. Mais, pour dire vrai, je n’avais aucune idée de ce que c’était. Puis il y’avait un certain Rémy Havyarimana, qui venait souvent à l’université pour nous parler de la vie après les études. C’est de lui qu’est venu le déclic« , confie le jeune homme. « Pour Rémy, les temps avaient changé. L’entrepreneuriat était la seule solution pour notre avenir. Et le plus difficile n’allait pas être l’accès au capital financier, mais le développement du capital humain« .

2011 : l’opérateur télécom Econet se lance dans le renforcement des activités commerciales sur un marché à l’époque dominé par Ucom et Africell. Il fait appel à des agents commerciaux de terrain pour distribuer ses cartes SIM partout, dans la rue, les bus, aux marchés, dans les quartiers, etc.

« Muruturutu » se fera alors enrôler dans cette vague de recrutements à l’instar de plusieurs jeunes citadins. « On n’avait aucun salaire. Le deal consistait à ce que la société nous offre ses cartes-sim gratuitement et que nous les écoulions. L’argent tiré de ces ventes qui nous servait de rémunération » se souvient le patron de BBD, ajoutant qu’il a fallu de peu pour qu’il arrête cette aventure. La raison : « A cette époque, c’était vraiment pas honorant cette activité, en tant qu’étudiant. J’avais un peu honte à l’exercer. Mais une petite voix en moi m’empêchait d’abandonner, malgré les moqueries de mon entourage« .

Ma bourse académique en une journée

C’est quand Econet a débuté sa campagne de marketing médiatique que les choses ont commencé à bien marcher : « Avec les road-shows, au premier jour, je me suis fait 10.000 Fbu en 3 heures seulement, le tiers de ma bourse académique mensuelle. Depuis ce jour, j’ai deviné que c’était mon secteur de prédilection » se souvient Ferdinand.

Se considérant a priori comme timide, Ferdinand attirait curieusement lors de ces fameux road-shows toujours des foules. Une affluence vite remarquée par Econet qui l’a embauché dans son service de centre d’appel. Suite à ses bonnes performances, il sera muté dans le service des ventes. Fin 2014, lorsqu’Econet a fusionné avec Leo pour donner naissance à l’actuel leader des services de télécommunication sur le marché local, « Muruturutu » fût encore muté et cette fois-ci dans le service de développement des réseaux de distribution des produits de la nouvelle société.

Depuis 2015, Econet Leo a porté à un niveau supérieur la révolution numérique des services financiers au Burundi en apportant la banque aux ménages ruraux, jadis exclus. Face aux 80% des Burundais en dehors du système financier classique, la société Econet Leo revendique près de 10.000 agents présents sur tout le territoire national.

Vers la moitié de l’année 2016, lorsque le produit financier de l’opérateur télécom commençait réellement à décoller sur le marché, commença à gerber dans l’esprit de notre cher « Muruturutu« , l’idée de quitter son poste d’agent commercial relativement bien rémunéré afin de se lancer dans ce nouveau business qu’offrait le nouvel environnement des télécoms au Burundi. « Tout ce temps passé dans la société avait profondément fait évoluer en moi ce fameux capital humain scandé souvent par Remy » se remémore-t-il. Mais face au risque de quitter son bel emploi qui lui permettait de subvenir à ses besoins et ceux de certains membres de sa famille pour se lancer dans une aventure dont il ne connaissait pas l’issu, la décision n’était pas du tout facile.
Pour se lancer dans ce business, il a dû se résoudre à monter, avec un autre associé indépendant, une première société similaire à BBD. « Dans cette opération, j’ai dû débourser tout mon épargne sachant bien que si les choses tournaient mal, je ruinerai tous mes projets sociaux comme me marier et fonder ma famille« , indique le jeune homme en souriant.

1.500 agents derrière, et 30 employés permanents

Après quelques mois d’essai, le business a commencé à porter des fruits. Vers la fin de l’année, les retours sur investissement du business équivalaient à son salaire. C’est à cette période que le choix dans sa tête devint clair, « Mon destin est d’entreprendre mes affaires et ce secteur si florissant dans les pays de la région constituera également et très bientôt un gagne-pain pour plusieurs de mes pairs« .

C’est alors qu’au début de l’année 2017, il a décidé de quitter son poste pour pouvoir se lancer totalement dans ce business en créant sa société, BBD.
Trois mois plus tard, « Muruturutu« , après avoir mis tout son énergie dans le développement du réseau de ses agents commerciaux, sa société était classée partenaire nº 1 d’Econet-leo.

Aujourd’hui, la société est toujours classée première en termes d’agents commerciaux (avec à son actif, plus de 1500 agents, soit 10% de tous les agents d’Econet-leo) et de commissions mensuelles. La société BBD est également leader au sein de tous les télécoms et banques avec lesquels elle est partenaire : Lumitel (plus de 800 agents avec Lumicash), Finbank (plus de 300 agents avec Pesaflash), Smart (plus de 200 agents), Bancobu (premier distributeur du portefeuille électronique m-cash), etc. A côté de cela, la société compte actuellement plus de 30 employés permanents et plus de 20 temporaires actifs dans toutes les provinces du pays.

« Je suis fier du chemin déjà parcouru. Malgré les défis financiers que je rencontre toujours du fait que ce business requiert beaucoup de capitaux (tout ce que je gagne je le réinvestis), ce business développé jusque dans les coins les plus recoulés du pays a bien aidé plusieurs ménages qui ont vu leurs conditions financières nettement s’améliorer« , se félicite Ferdinand dont l’ambition pour l’année 2019 est de développer sur chaque colline du pays au moins 5 agents commerciaux pour rapprocher à la population rurale les différents services de ses partenaires désormais possibles grâce à la révolution numérique. Et de conclure qu’ »à terme, mon ambition est de porter la société sur le plan régional, et pourquoi pas, au niveau continental.« 

Depuis le début des années 2000, les opérateurs télécoms ont développé un business model basé sur le développement des vastes réseaux d’agents commerciaux indépendants avec lesquels ils se partagent les revenus. Pour un service aussi novateur que celui du paiement mobile, la proximité avec le client a constitué un facteur déterminant pour garantir son succès dans le pays à l’image d’autres pays la région et du continent.

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