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Musique

Fête de la musique 2021 : le public à moitié satisfait

Le monde célébrait la fête de la musique ce 21 juin. Au Burundi, les cérémonies se sont déroulées sur la chaussée Prince Louis Rwagasore devant l’Institut Français du Burundi. Retour sur une soirée mi-figue mi-raisin.

15h20. Un petit attroupement se forme sur la Chaussée Prince Louis Rwagasore, devant l’IFB. Ils sont curieux devant la scène plantée sur le macadam.
Il y a aussi ceux qui arrivent parce que la nouvelle s’est répandue de bouche à oreille, alors que MC Sadiki continue de rameuter les alentours de la place.

Tout le monde s’imagine que dans quelques instants, les stars burundaises vont chauffer les lieux: dans ces temps de Covid-19 où les karaokés et les boîtes de nuit sont interdits, la perspective met du baume au cœur.

Sélection burundaise

Une entrée très prometteuse du groupe des Batimbo handicapés de l’association AIPH retient le maigre public présent. Derrière, Serges le Griot accompagne le moment avec du slam-musique.
Il faudra attendre jusqu’à 18h pour voir des groupes des Bujumburois branchés remplir la chaussée.

« Il n’y a pas d’autres artistes qui pourraient faire mieux ? », lance déjà dans la foule un jeune d’une vingtaine d’années, habitué aux festivités locales voyant ses amis bouger sur le rythme d’Akiwacu Band avec ses mélodies nostalgiques des années 80…
La même impatiente se lit chez le public européen: ici, on attend l’heure de la danse. D’autant plus que la sélection présentée est en kirundi… Alfed « Nkundabantu » prend le relais, avec l’Ikembe et l’umuduri. Le recours aux offres de la Brarudi conduira le public sur le podium pour danser « Amayaya » de Bernice The Bell, avant que Andy Mwag ne serve la rumba… Un moment de danse qui culminera avec Yeah de Chris Brown, joué en replay sur invitation du MC de la soirée, suivi d’autres morceaux qui rappelèrent au public les joies des concerts.

Une affiche sans grosses pointures

L’apparition d’Esther Nish sur scène ne pourra pas ramener la chaleur dans le public, malgré une belle prestation. On attendra la fin pour un boom avec le DJ, en s’efforçant de danser « Come & See » et “Umbamwo ».

Dans le public bruyant, une jeune fille lança calmement : « Franchement, ce sont les seuls artistes qui ont pu être sélectionnés ? » Comme l’a souligné Stephen Grünberg, l’ambassadeur de la France dans son discours, parmi les 40 candidatures reçues, l’Amicale des Musiciens du Burundi-AMB n’a retenu que 8.

Une des raisons pour laquelle le public de ce lundi n’a pas pu voir des Olegue, Fizzo, Sat-B et autres MB Data est qu’ils ne se sont pas faits inscrire. Romeo Inininahazwe, président de l’AMB et membre du comité de sélection à cette fête affirme : « Personne parmi les plus admirés par les mélomanes ne se s’est fait inscrire. »

Les raisons pour ce désintérêt sont multiples, les uns y voyant de la prétention, d’autres le manque de professionnalisme du milieu (ne pas comprendre l’importance de s’inscrire en ligne pour un événement autre qu’une compétition), alors que l’entourage des stars parle de valorisation du statut de star: tout le monde ne peut se retrouver sur une même scène sans qu’il y ait un encouragement financier conséquent…

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