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Le FIGA: incontournable dans le financement des jeunes

Sous tutelle du Ministère des Finances, le FIGA est doté de deux organes à savoir le Conseil d’Administration mis en place le 21 juillet 2021 et une unité de gestion composée du directeur et d’un personnel. Mais d’aucuns se demandent à quoi il va servir. Lumière

Le Fonds d’Impulsion, de Garantie et d’Accompagnent (FIGA) a déjà permis le financement de huit coopératives pour jeunes à hauteur de 61.500.000 BIF via la BIJE depuis juillet 2021, date de sa création effective. 

Même s’il semble nouveau, le FIGA est un projet qui existe depuis longtemps. Olga Nyampundu, son directeur, rappelle que le projet aurait dû démarrer en 2015. A l’époque, plusieurs rencontres et ateliers regroupant banquiers et promoteurs des projets se tiennent à Bujumbura. Le point analysé porte sur l’accès au financement et aux crédits bancaires par les petites et moyennes entreprises. 

Les banquiers accusent les promoteurs des projets d’amener des projets qui ne sont pas bien étudiés, analysés et donc pas bancables. Ces derniers rétorquent que les banques ne leur font pas assez confiance. C’est l’impasse. 

Pour en sortir, le gouvernement crée le 21 avril 2015 via un décret, un établissement public à caractère administratif dénommé FIGA. L’objectif est de mettre en place un fonds de garantie pour accompagner les promoteurs des projets dans l’élaboration de leurs plans d’affaires afin qu’ils puissent soumettre aux banques des projets bancables et ainsi accéder aux crédits dont ils ont besoin. Mais suite à la crise politique qui s’en suit, ce projet est mis en berne. 

Six ans plus tard, le gouvernement burundais initie la politique de promotion des coopératives, d’associations des jeunes et femmes, des PMEs. Le Président de la République appelle tout le monde à entreprendre afin d’accroître la production. Il lance le slogan : « Que chaque bouche ait de quoi manger et chaque poche de l’argent » le 18 juin 2020 lors de son investiture en promettant d’appuyer les coopératives, les petites et moyennes entreprises (PME). 

La relance 

C’est dans ce cadre de réorientation du gouvernement et conformément à ce slogan que la banque d’investissement pour les jeunes (BIJE) et l’ANACOOP (Agence Nationale pour la Promotion des Coopératives) voient le jour, la banque pour les femmes étant en attente de démarrage. 

Le FIGA peut enfin être relancé. « Avec cette nouvelle donne, nous avons amorcé le processus de fonctionnalisation du FIGA afin que la BIJE, l’ANACOP obtiennent des garanties à partir du FIGA », lance Olga Nyampundu. 

Concrètement, explique-t-elle, il s’agit de garantir les crédits qui seront contractés par des jeunes et des femmes regroupées en associations et en coopératives. La mission du FIGA est donc de promouvoir l’accès aux financements des promoteurs des projets cadrant avec les secteurs porteurs de croissance pour développer les micros, petites et moyennes entreprises. 

Pour le moment, le FIGA collabore avec la BIJE, en attendant la mise sur pied de la banque des femmes, pour garantir les crédits apportés par les promoteurs des projets à travers cette banque des jeunes. 

Le FIGA a trois volets : l’impulsion, la garantie et ’accompagnement. Le premier volet consiste au renforcement des fonds propres des promoteurs des projets, le second volet à couvrir les risques des institutions financières et permettre l’accès au financement pour les initiateurs des projets. Et enfin, le volet accompagnement consiste à mettre en place des mécanismes d’accompagnement avant, pendant et après le démarrage du projet. 

Olga Nyampundu : « Ces fonds doivent être remboursés afin de permettre à d’autres jeunes demandeurs de prêts bancaires d’être financés. »

Quid du fonctionnement 

Concernant le fonctionnement du FIGA, Madame Nyampundu explique que le fonds signe une convention de partenariat avec une institution financière. En contrepartie, il offre une garantie de portefeuille. C’est à l’institution financière d’inscrire des prêts éligibles dans cette garantie de portefeuille. Le FIGA n’entre pas en contact direct avec le promoteur du projet. Il passe par la banque et celle-ci saisit le FIGA pour obtenir la garantie. 

Pour la BIJE, des jeunes regroupés en coopératives et qui ont un projet ou une moyenne et petite entreprise appartenant à un jeune saisissent la BIJE pour obtenir un financement. C’est à la BIJE de saisir le FIGA pour offrir la garantie à ces jeunes. 

Et de confier qu’une convention de garantie de portefeuille entre le FIGA et la BIJE a été signée le 25 juin 2021. Pour d’éventuels cas d’insolvabilité, Mme Nyampundu reconnaît qu’il s’agit d’un risque pour tout fonds : « En octroyant le crédit, la BIJE met en place une politique de recouvrement. Mais le FIGA s’engage à prendre ce risque si le projet pour lequel le prêt a été accordé échoue. » 

Et d’appeler les jeunes à présenter des projets réalistes et réalisables afin d’éviter de dilapider des fonds:« Il faut que ces jeunes sachent que ces fonds doivent être remboursés afin de permettre à d’autres jeunes demandeurs de prêts bancaires d’être financés. » 

Les défis ne manquent pas 

Côté défi, Mme Nyampundu fait savoir que beaucoup d’efforts devraient être mis sur le volet de renforcement des capacités. Beaucoup de jeunes, estime-t-elle, ont des talents dont ils ignorent l’existence: « Il faudrait susciter l’esprit d’innovation pour éviter des copier-coller qui souvent sont voués à l’échec. » 

L‘autre défi et non des moindres est la capacité pour ces jeunes et femmes d’élaborer des plans d’affaire bancables: « A titre d’exemple, la BIJE a déjà reçu une centaine de projets depuis sa création mais peu ont été financés par manque de plans d’affaire bien ficelés. » 

Et d’annoncer que le FIGA va bientôt assister ces jeunes et femmes comme le stipulent les textes : « Il est prévu, dans son volet accompagnement, que notre organe assiste les jeunes et les femmes avant, pendant et après leur projet. ». Il s’agira de les aider au moment du montage du projet, pendant son exécution pour savoir par quoi commencer et en dernier lieu évaluer le projet pour mesurer sa réussite et chercher à le pérenniser. 

Pour cela, le FIGA collaborera avec des institutions munies des services d’incubation à l’instar de l’API, BBIN et autres pour former ces jeunes et femmes dans différentes provinces, soutient Olga Nyampundu. 

Le FIGA dispose d’un portefeuille de 2.340.000.000 BIF en cours d’utilisation pour les jeunes à travers la BIJE. Il est également prévu une enveloppe de 3 milliards de BIF qui appuiera les associations et coopératives des femmes à travers la Banque d’Investissement et de Développement pour les Femmes (BIDF) en attente de démarrage. Cependant, ces fonds restent dérisoires par rapport à la demande.

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