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Francine Niyonsaba, de l’élimination à l’illumination

2021, une des plus belles et mémorables de sa carrière. De la qualification aux Jeux
Olympiques jusqu’à l’établissement des nouveaux records sur des épreuves dont elle n’était
pas spécialiste, en un peu de temps. Retour sur une année spéciale.

Au vu de ce qu’elle a réalisé en 2021, impossible de ne pas se frotter les yeux pour y voir plus clair. Après une course bien maîtrisée sur 5.000 mètres et croyant arracher une qualification dans la finale des Jeux Olympiques de Tokyo 2020, elle apprend qu’elle est disqualifiée pour avoir mis un pied en dehors de la piste, pendant la course.

Cette expérience douloureuse allait nourrir la rage de Niyonsaba pour aborder les échéances suivantes. Aux Etats-Unis, à Eugène Prefontaine Classic, elle surclasse ses concurrentes et arrache la 1ère place sur 2 miles (3.216 mètres). Six jours plus tard, elle ira conquérir Paris à Montreuil, sur une distance de 3.000 mètres, toujours en gardant la 1ère place.

Elle y prend goût et réédite l’exploit dans la capitale belge, cette fois-ci sur 5.000 mètres. Une adaptation sur les différentes épreuves de course de fond (3.268, 3.000, 5.000) rapide, rare et convaincante. La consécration survient à Zurich en Suisse en finale de la Diamond League (5.000mètres), où elle parvient à décrocher la 1ère place et remporte pour cette occasion un trophée de ligue de diamant, une première pour un athlète burundais.

Le chemin vers la victoire n’a jamais été facile

Après avoir collectionné les victoires, trophées et empoché plus de 80.000 USD, il ne lui restait qu’une seule chose pour clôturer l’année en beauté. Chose qu’elle ne tardera pas à réaliser en pulvérisant un record datant de 1994 à Zagreb sur une distance de 2.000 mètres en 5 minutes 21 secondes 56 centièmes.

De rappel, elle a été écartée par la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) sur des épreuves de demi-fond pour cause d’un taux de testostérone anormalement élevé pour une femme, ce qui lui confère un avantage physique conséquent. Pour retrouver le devant de la scène, son seul salut était de se reconvertir aux courses de fond, une tâche bien difficile mais qu’elle réussira avec brio.

Avant d’être suspendue, elle était double championne en salle en 2012 et 2017, vice-championne olympique en 2016, vice-championne mondiale en 2016, championne d’Afrique en 2012… Cependant le chemin vers la victoire n’a jamais été facile : «Je devais m’entrainer durement et cela nécessitait de changer certaines habitudes et en adopter d’autres. Comme me réveiller tous les jours à 5h du matin pour s’entraîner sur 30 à 50 km par jour, revoir mon alimentation, bref se discipliner», explique-t-elle. Et de confier que le 1er jour de cet entraînement, elle n’a pas pu aller au bout : «J’ai même laissé couler quelques larmes mais petit à petit, j’y suis arrivé, et me voilà championne

Pour son retour à Bujumbura, des milliers de gens, des élèves, des tambourinaires, des supporters en maillots vert rouge blanc entonnant des chansons à la gloire du pays l’attendaient à l’aéroport. A son arrivée, elle s’est offert une parade royale dans les rues de Bujumbura bordées par une marée humaine. Pour un retour d’un sportif après un tournoi, Buja n’avait jamais connu un tel engouement …

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