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Gastronomie

Cantines scolaires, universitaires, police, armée: gros plan sur la cuisine collective

Et si l’on jetait un coup d’œil dans ces marmites aux dimensions XXL dans les écoles à régime d’internat, dans les écoles d’excellence, dans les campus universitaires ou dans la police et l’armée ?

On aura beau batifoler avec un Burundais sur toutes sortes de mousse qu’il envoie dans son gosier mais oser lui demander ce qu’il mange relève parfois de l’impolitesse. Quant à regarder dans l’assiette d’un militaire ou un policier, n’en parlons même pas. Parenthèse.

Incursion chez la grande muette

« Riz-haricot à midi, haricot-riz le soir, tel est l’alpha et l’oméga de la ration du soldat dès son premier jour à la caserne jusqu’à sa sortie. Certes, le goût n’est pas des plus délicieux mais avec le temps on s’y fait », confie un militaire dont les mets des camps militaires ont longtemps caressé la langue.

Mais pour certains, l’offre de la cuisine collective n’est pas facile à avaler. Du coup, ils se regroupent en équipes de 5 ou 6 et paient un groom qui, une fois la bouffe prête, la récupère et essaie d’en améliorer la saveur à coups d’huile et d’oignons. Toutefois, ceux dont la mission ne permet pas d’être ponctuels à l’heure du déjeuner ou du dîner peuvent récupérer leur quantité et faire leur propre cuisson.

300g de riz, 400g de haricot, 200g de légumes (choux), 250g de viande avec os, 100g de sel, 150g de sucre, arachide, 300g de petit poids et 100g de pain…voici ce qui est inscrit sur la fiche d’alimentation d’un militaire comme l’indique notre source. Cependant, entre ce qui est sur papier et ce qui est consommé aujourd’hui, y a une « nette différence ».

Le chou est remplacé par l’amarante cultivée dans les champs des camps et à la place de la viande avec os, ce sont les expéditions d’aide chinoises en corne bœufs qui font le régal des forces de l’ordre (quatre boîtes par mois et par individu). « Quant au thé et au pain, ça fait plus de 18 ans qu’on n’en connait plus le goût », martèle toujours notre source.

Une idée de ce que mange Mr Blue ? Une source auprès de la PNB confirme que le repas d’un policier est presque le même que celui d’un militaire, à quelques exceptions près. « La qualité et la quantité de la ration dépendra du bon vouloir du  chef », glissera-t-il.

Cap sur les internats et écoles d’excellence

Ici, les plats varient selon les établissements et selon qu’on soit dans le privé ou dans le public. Commençons notre périple dans une des rares écoles privées à régime d’internat à Bujumbura qui nourrit jusqu’à 200 élèves.

L’économe nous dresse une liste: sauf régimes spéciaux, le menu contient un morceau de pain français à tremper dans une tasse de thé le matin; du haricot, riz, banane, frites de patates douces deux fois la semaine et une sauce de ndagala à midi. Le soir, c’est le riz, la patate douce et le haricot qui refont surface. Le mardi et vendredi soir, les élèves ont droit à un plat de légumes saucées tandis qu’ils goûtent à la viande et aux fruits (banane mûre surtout) une fois la semaine. Facture ? 5500Fbu par jour et par élève.  

Comparé aux plats des autres internats, ce régime paraît être la crème de la crème. Dans la plupart des écoles publics où les budgets sont limités, on alterne pâte de manioc, graines de maïs, riz, haricot, et quelques fois la patate douce selon la saison de récolte. Les chances de voir du poisson, un morceau de viande ou même du pain au réfectoire, avoisinent la probabilité zéro.

Tandis qu’à l’école d’excellence de Musinzira le haricot et la bouillie font le régal des élèves le matin comme le confirme un élève de cet établissement, au Lycée de Ngagara c’est un gobelet de thé accompagné d’une assiette de riz qui font office de petit déjeuner pour les 256 élèves.

Les repas de midi sont constitués de patates douces, riz, haricot, frites de patates douces et de pate de manioc. L’école possède également de vastes champs de légumes, de tubercules et de fruits que les élèves consomment à la récolte. Toutefois, l’école reste vigilante face aux élèves qui cherchent toujours à gouter en cachette aux plats de la petite maison.

Quid des campus universitaires à l’Université du Burundi

On n’est pas loin du domaine militaire, sauf qu’ici les expéditions de boîtes de conserves chinoises n’y parviennent pas. La carte de restauration de l’étudiant  lui donne accès parfois aux riz et haricot uniquement. Le haricot étant jonché de cailloux. Ou alors y ajoute-t-on de la banane ou des frites de pomme de terre cuites avec l’huile de palme. Parfois, on s’aperçoit d’une feuille de chou tel un iceberg dans le haricot. La qualité ? Ceux qui en ont les moyens préfèrent les restaurants autour des campus.

1 commentaire

1 commentaire

  1. Pierre Nkurikiye

    1 mars 2020 at 6 h 26 min

    Quand vous parlez des « Mr Blue », il faut aller aux bonnes sources. Il y a du faux à propos dans votre article.

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