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« Adieu les vacances, adieu les grossesses non désirées à l’école »

Ce 1er septembre, Care International Burundi, à l’occasion des cérémonies de clôture des travaux des camps d’été à Kabezi, dans la province de Bujumbura, s’est joint à l’administration pour notamment sensibiliser les plus jeunes sur l’éducation pour un comportement sexuel et reproductif responsable des adolescents et jeunes.

Le rythme du tambour accueille les invités lorsque nous arrivons au chef-lieu de la commune Kabezi. Il est 11h. Ici, les élèves venus de toutes les communes de la province de Bujumbura, ont répondu présents. Dans ces travaux des camps d’été, leurs accomplissements sont plutôt louables : ils ont tracé des courbes de niveau, fait des pépinières d’arbres, aidé dans différentes tâches sur les chantiers de construction des infrastructures publiques. Mais tout ne plaide pas en leur faveur : dans cette province, la prévalence du VIH et les grossesses non désirées chez les jeunes, restent élevés. Constat du GTT (Groupe de techniciens de travail) au sein du programme Menyumenyeshe dans la province.

Le verdict des chiffres est sans appel : selon Joël Nibigira, Médecin provincial, au cours de l’année 2019, sur les 2.961 filles dépistées dans le district sanitaire d’Isare, 98 étaient enceintes, en même temps séropositives. Pareil que pour les 41 des 2.121 filles dépistées dans le district sanitaire de Rwibaga. Plus ou moins dans le district sanitaire de Kabezi, où seule une fille sur 2.352 ayant fait le dépistage, était à la fois enceinte et séropositive. En outre, des cas de viols ont été aussi répertoriés : sur tous les dépistages enregistrés, 11 filles avaient été violées.

Derrière cette alarmante situation, quelques facteurs explicatifs

A travers des sketchs et échanges qui ont rythmé les cérémonies, les jeunes n’ont pas eu la langue dans la poche. Les grossesses non désirées et cette haute prévalence du VIH seraient dues à l’irresponsabilité des moins jeunes. Tout d’abord à Kabezi, comme dans toute la province de Bujumbura, existent des motards, enseignants et pécheurs, au comportement malsain, et qui constituent, pour la plupart, la majeure partie des auteurs des grossesses non désirées chez les adolescentes. Le côté obscur de certaines cellules de prière, est aussi pointé du doigt.

Des propos confirmés par la représentante du Centre de développement familial dans la province. Pour elle, la cause majeure est l’ignorance des jeunes filles, consécutive au manque de dialogue parent-enfant sur la santé reproductive dans les familles. Aussi, la pauvreté qui sévit dans les familles et les mésententes entre parents, rendent la situation plus compliquée dans ces familles, d’où de telles conséquences, les grossesses non désirées, sont d’actualité.  

Pour Raphaël Ciza, DPEFTP de Bujumbura, en la matière, 3 principaux problèmes sont observés. « Dans la justice, quand une fille est enceinte, la première question qu’on lui demande est celle de son âge, et quand elle est au-delà de 18 ans, la peine de son abuseur est allégée. Ceci doit changer, la loi en la matière devrait être revue. Toute fille toujours sur le banc de l’école est une mineure quel que soit son âge. »

Et d’ajouter : « L’autre défi rencontré survient quand les autorités collinaires, en connivence avec les familles, tentent toujours de résoudre ce différend à l’amiable au lieu de traduire les auteurs des grossesses devant les juridictions habilitées. Même cas pour les enseignants qui se rendent coupables de tels délits. Des magouilles sont toujours orchestrées pour ne pas les dénoncer. Cela devrait cesser dans l’immédiat. »

Tout de même, des mérites de Menyumenyeshe

Même si le tableau brossé est sombre, Menyumenyeshe marque des points dans la province de Bujumbura. « Avant Menyumenyeshe, j’ignorais les notions de changement du corps au cours de l’adolescence. Maintenant, je les enseigne aux autres. Le programme m’a aussi encouragé à participer dans les associations d’entraide et d’auto-développement des jeunes, et de me concentrer aux études », témoignera Estelle Irimbere, élève du Lycée communal de Kabezi.

Même son de cloche pour Dr Joël, les fruits de Menyumenyeshe sont palpables. « Les jeunes manifestent une connaissance solide des notions en matière de santé reproductive, et ceci grâce à Menyumenyeshe. La pertinence de ce programme se manifeste également à travers les cas de grossesses non désirées recensés à l’école au cours des années scolaires 2017-2018 et 2018-2019, qui ont chuté de 8% à 6,2 % ».

Par ailleurs, selon toujours le médecin, le grand défi réside plutôt dans le fait que le programme Menyumenyeshe ne couvre pas toutes les écoles, ce qui a d’ailleurs poussé le GTT de Menyumenyeshe dans la province de Bujumbura à demander à Care International Burundi d’effectuer une étude comparative entre les écoles bénéficiaires du programme, et celles en dehors.

A travers les recommandations des bénéficiaires du programme, des jeunes encore au banc de l’école, mais aussi ceux dans la communauté, on pouvait facilement comprendre que l’extension du programme (qui se clôture fin 2020) était vivement souhaitée. Et dans le sillage de la rentrée scolaire, prévue pour la semaine prochaine, les cérémonies ont été clôturées par la distribution par Care International Burundi et d’autres partenaires, des savons et des cahiers.

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