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Théâtre

Nyakabiga ou le quartier du vin de palme

Le quartier, c’est 61 ans d’existence. Pour les bons et les mauvais moments, ne fallait-il pas replonger dans son passé ? Voilà le menu de la 5ème journée de Buja Sans Tabou. De 1959 à 2020, la pièce « Ija-mbo » de Rivardo Niyonizigiye, mise en scène par Arthur Banshayeko, en a fait un pas …

1960. Nyakabiga n’a pas encore de bistrots. Quand les gorges s’assèchent, les habitants ne meurent pas pour autant. Dans ces espaces encore broussailleux, le palmier est providentiel. La raisonː impossible par exemple de fréquenter l’hôtel Paguidas « interdit aux chiens et aux nègres ». D’ailleurs, c’est le même cas pour les gens de Bwiza. Par crainte de ne pas s’enliser dans des conflits avec les « Zaïrois » qui font régner la terreur dans les bars du quartier comme 5 ̸ 5, ceux-ci vont également se rabattre aux palmiers et en tirer un breuvage très apprécié, le vin de palme.

Nyakabiga, c’est aussi ce quartier « créé pour assurer le logement des enseignants et des fonctionnaires du parti unique d’alors : Uprona ». Un autre fait révélé : à la genèse, le quartier est une contrée broussailleuse. Sans surprise, des comportements sauvages éclosent. Comme sur cette route bordée par des arbres géants, qui deviendra par après l’avenue de l’imprimerie, rien que la terreur y règne. Celui qui y passe s’exposant à la mort, d’où son appellation « avenue de la mort ».

2020. Contre toute attente, le festival Buja Sans Tabou se retrouve sur la même route. Précisément, au centre jeune de Nyakabiga, lequel n’a jamais été fonctionnel : un coin isolé, oublié, perché au-dessus de la rivière Ntahangwa. Penser qu’une pièce de théâtre pourrait bien avoir lieu dans un tel endroit, en voici ce qui paraît très antithétique ? Mais, le metteur en scène, Arthur Banshayeko, livre les raisons du groupe Umunyinya : « Nous voulions ramener de l’intérêt, du lustre à ce centre pour jeunes qui n’a jamais été fonctionnel ».

In fine, « Ija-mbo » est un retour aux sources. Un texte à cheval entre la poésie profonde et la prose chère aux Burundais. C’est une ode à la préservation de la culture dans une société dont les valeurs morales exposées au cosmopolitisme vont à vau l’eau.  C’est une litanie de conseils moraux dont les semences n’ont pas été perdues dans ces cœurs des taxi-vélos, motards et soudeurs, qui après leur longue journée, le hasard et la curiosité ont voulu les amener jusque-là. Vive Nyakabiga.

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