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Economie

Burundi : l’industrie, encore du chemin à parcourir

Le calendrier du 17 au 19 décembre était dédié à l’Association des industriels du Burundi avec la 3ème édition du Salon Industriel. L’occasion de revenir sur les défis qui hantent le secteur, mais aussi les opportunités qu’il regorge …

Depuis 7 ans, selon Désiré Musharitse, le patron de l’API (Agence de Promotion des Investissements), l’agence a enregistré entre 50 et 60 entreprises industrielles au Burundi. Peut-on considérer que l’industrie burundaise est en passe de devenir un pilier de la croissance économique ? Pour rappel, sa contribution dans le PIB du pays est encore minime : 17,3% en 2019.

Selon différentspanelistes siégeant autour de différentes tables rondes de réflexion, si le climat est jugé favorable, notamment avec la bonne pluviométrie qui avantage l’agriculture, le sous-sol riche en minerais, la main d’œuvre disponible, l’intégration régionale avec plusieurs avantages, ou le lac Tanganyika qui facilite la communication avec les pays voisins, c’est évident le Burundi présente des atouts pour l’attraction investissements.

Mais, d’un autre côté, un bon nombre de défis sont déplorés, à l’origine du niveau bas du développement industriel du pays. Le défaut de financements, le manque d’infrastructures de base, l’insuffisance de l’énergie, la technologie encore à son faible niveau, la certification des produits qui est mise en cause à l’extérieur, la contrefaçon ou l’informel qui prévaut encore, la main d’œuvre spécialisée souvent importée, etc.

La Covid-19 enfonce le secteur dans le gouffre …

Le passage dévastateur de la Covid-19 sur l’économie mondiale a également frappé le secteur industriel burundais. Selon les résultats de la première vague de l’étude de l’ISTEEBU sur l’impact de la pandémie de Covid-19 sur les activités des entreprises et les conditions de vie des ménages au Burundi présenté par Pascal Ndagijimana, 7 entreprises sur 10 ont été touchées par la covid-19, ce qui a causé la baisse des ventes suite à une faible demande et les difficultés d’accéder aux matières premières.

La mauvaise trésorerie qui découle de ces perturbations a poussé 7,7 % ces entreprises à réduire les heures de travail ; 27 employés des industries formelles contre 26 des industries informelles ont été licenciés, 22 employés des industries formelles ont vu leur nombre d’heures diminué tandis que 24 employés de l’informelle ont subi une baisse de leur salaire […]

Des réformes qui n’aboutissent pas encore

Dans le classement « Doing Business », le Burundi est passé de la 181ème place en 2011 à la 166ème en 2020 après avoir connu une perte de places depuis la 151ème position en 2015.

Réduction du taux du bénéfice de société de 35 à 30%, suppression capital minimum pour ouvrir une société, la mise en place des Guichets Uniques pour l’enregistrement des société, l’octroi du permis de construire et le transfert de propriété et bien d’autres incitations fiscales et non fiscales ont été envisagées par l’API pour stimuler les améliorations.

Si les investissements n’évoluent pas au rythme des réformes, Désiré Musharitse qui dirige l’API explique que le facteur paix et sécurité en reste le principal déterminant.

Par ailleurs, Denis Nshimirimana de la CFCIB, déplore le taux d’intérêt de plus de 10% sur les crédits bancaires accordés aux industriels dont les activités sont rentables souvent sur le long terme. « Les investisseurs locaux doivent aussi adopter la culture d’association pour donner du poids à leurs investissements afin de se positionner sur le marché international. »

Et de conclure en plaidant pour la révision du code des investissements qui datent de 2008 et le renforcement de l’intégration régionale (EAC, le COMESA) afin de profiter pleinement de ces avantages.

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