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Isaie Ndayihimbaze, son savon lui coûte des millions

Il a déjà fabriqué du savon à base de champignon, de carotte, avocat, etc. Mais malgré l’ambition d’améliorer encore ses produits…rien que la recherche lui coûte les yeux de la tête. Découverte. 

Du haut de ses 21 ans, Isaïe Ndayihimbaze, un jeune de Musaga (en mairie de Bujumbura), à la tête de sa petite entreprise de savonnerie depuis trois mois, a déjà dépensé 3 millions de Fbu dans ses recherches.

Ce coût affirme-t-il, est un cumul des charges allouées au matériel et les matières premières. Ces dernières sont, à part celles couramment utilisées dans la savonnerie, les champignons dont le prix est de 4000 Fbu le kilo, les carottes (2000 à 2500 le Kg), les avocats, les feuilles d’eucalyptus disponibles à des prix souvent négociables.

L’apprentissage et le perfectionnement de ses connaissances dans ce domaine sont chers.  Il  dépense les frais de formation pour parler avec les experts et paie pour apprendre chez ses pairs expérimentés dans la savonnerie.

L’auto formation sur internet n’est pas en reste. « Des fois je suis obligé de fréquenter le cyber pour la connexion internet, mais je visite souvent YouTube avec mon téléphone portable pour mes recherches, ce qui coûte très cher en termes de Mégabits », confie Isaïe Ndayihimbaze, surtout qu’il utilise cette connexion pour des meetings en ligne avec les jeunes de l’Afrique de l’ouest grâce à qui la passion dans ses recherches devient grandissante de jour au jour.

La protection contre les risques, chère aussi

A part ses recherches, le volet protection contre d’éventuels accidents liés à ses produits lui coûte également très cher. Avec différentes solutions qu’il essaie, confie le jeune homme,  des accidents surviennent parfois : « Je dois mettre de l’argent de côté car ces accidents peuvent survenir à tout moment et je dois réagir en urgence. » Et pour cause, explique-t-il, toute mauvaise manipulation de produits est susceptible de causer des effets néfastes sur son corps. » Dans de tels cas, il se voit obliger de consulter le médecin et supporter les frais pour les soins éventuels.

Les conditions de conservation posent également problème. A part que les essais échouent, faute de conditions de température et autres, il arrive des fois qu’il soit obligé de jeter certains essais avant qu’ils n’arrivent à terme de peur que l’inattention des gens conduise à d’autres dégâts plus énormes.

Vive détermination malgré les limites en ressources

Pour financer ses recherches, la première règle chez Isaïe Ndayihimbaze est l’abstinence : « Des styles dans l’habillement, je m’en limite. Je minimise et me prive de tout ce que je juge peu important dans la ligne de mes préférences. »

Sinon, Isaïe Ndayihimbaze est informaticien. A part les crédits qu’il contracte auprès des particuliers, il profite aussi des petits jobs dont les rémunérations lui permettent de payer une part des frais quotidiens. 

La voie de recourir aux crédits bancaires est presque impraticable selon Isaïe Ndayihimbaze. Les nombreuses exigences font que les réponses à ses demandes de crédits soient le plus souvent non favorables.  

Même s’il a déjà mis sa production sur le marché, les frais engagés dans la recherche ne lui reviennent pas totalement. Pis encore, pour parvenir à implanter une usine suffisamment équipée afin de perfectionner son offre, Isaïe Ndayihimbaze estime l’enveloppe nécessaire à au moins 50 millions de Fbu.

Ce qui ne le décourage pas pour le moins de monde : « Entendre que mes savons sont appréciés par ma clientèle me pousse à ne pas lâcher l’affaire. »

Dans le cadre du projet « Tuyage » financé par l’USAID, le Magazine Jimbere s’associe avec Search For Common Ground au Burundi (partenaire de mise en œuvre du projet) dans la production d’une série d’articles économiques

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