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Entrepreneuriat

Ce qu’on ne vous a pas encore dit sur Kaze Delphin

S’il y’a un jeune entrepreneur connu dans la capitale politique, à part l’initiateur de Gasape, c’est bel et bien le patron de la KAGE (Kaze Green Economy), qui ambitionne de devenir leader dans le secteur de l’énergie bio pour la cuisson au Burundi… Bientôt, la production de son entreprise passe à une dizaine de tonnes de charbon bio par jour.

Le 1er mai 2020, lors de la fête du travail, le jeune entrepreneur de 25ans était primé par la commune de Gitega. Partir de zéro, sans moyens, seulement animé par l’idée d’aider la communauté avec un produit innovant, et partant réaliser des affaires, voilà la petite histoire du numéro 1 de la KAGE, aujourd’hui dans la production du charbon écologique. « A Gitega, le plus difficile est de trouver des role models qui puissent inspirer la jeunesse, surtout dans le domaine entrepreneurial, à rêver, à se surpasser. Moi, j’ai eu la chance de suivre plutôt les émouvantes histoires de certains entrepreneurs qui innovent, comme Gateka Saxe Perry ici chez nous, ou ailleurs, Strive Masiyiwa au Zimbabwe, partis de rien. »

2017. Encore étudiant à l’Université Polytechnique de Gitega dans la faculté des Sciences de l’environnement, en 2ème baccalauréat, il se lance dans la production de combustibles à partir de différents déchets biodégradables avant d’opter pour les rafles de maïs uniquement : « Etudiant dans la filière Climat et Biodiversité, facile pour moi de développer des idées autour de la protection de l’environnement. Et c’est connu de tous que la consommation de charbon de bois au Burundi reste inquiétante. Au début, je commence à transformer les déchets biodégradables en charbon, mais la qualité n’est pas au rendez-vous. Alors, je choisis d’utiliser comme matières premières, les rafles de maïs, d’ailleurs très prisées dans la cuisson. Ce qui va assurer la qualité de nos produits. »

En 3ans, de 40 kg à plus de 13T de charbon bio par jour …

Encore au banc de l’école et sans moyens financiers, les débuts du jeune sont loin d’être faciles : « A part mes économies, et quelques (petits) appuis de la part de mon père et de mes amis, je n’avais aucune autre source de financement. Trouver les matières premières, produire du combustible, et développer un marché d’écoulement, le temps et l’argent faisaient largement défauts. Mais, je vais tenir bon. Avec deux de mes amis, nous nous lançons dans une production manuelle de charbon vert de 10 à 40kg par jour. »

Avec le temps, le petit bébé a bien grandi : « Avec des machines produites localement et 7 employés, la capacité de production s’est multipliée par 6, voir 7. Aujourd’hui, c’est entre 300 et 350 kg de charbon produits par jour. » Surprenant, la start-up n’a même pas besoin des locaux pour l’entreposage de ces produits : « Nous travaillons sur commandes. Donc après la production, nous écoulons toute la marchandise, à 500Fbu le kg. Actuellement, les ménages de Gitega qui constituent le gros de notre marché utilisent en moyenne 3 kg de charbon par jour pour la cuisson. »

Avec un marché qui s’agrandit de plus en plus, l’ambition du jeune entrepreneur est à son paroxysme : « Nous avons commandé de nouvelles machines à l’étranger pour doper la production. Les villes de Bujumbura et Gitega étant les grands consommateurs de charbon de bois au Burundi, nous voulons changer la donne. Après l’installation de ces machines, nous ambitionnons dans la seule ville de Gitega une production de 10T de charbon bio par jour, et à Bujumbura plus de 3T. »

Et comme si cela ne suffisait pas, l’appétit du jeune entrepreneur est sans limite : « Comme pour les boissons où nous entendons toujours parler de la Brarudi, d’ici 5 ou 10 ans, le rêve de KAGE est que chaque Burundais n’ait d’autre choix que de devoir consommer nos produits pour ses besoins en cuisine. Si ce n’est pas le charbon, qu’il ait besoin de notre brasier, notre biogaz, etc. Voilà notre vision. »

Dans le cadre du projet « Tuyage » financé par l’USAID, le Magazine Jimbere s’associe avec Search For Common Ground au Burundi (partenaire de mise en œuvre du projet) dans la production d’une série d’articles économiques.

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