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Théâtre

« Kivu » : quand le théâtre fait un zoom sur les causes à l’origine des troubles mentaux

Utiliser le théâtre pour promouvoir la santé mentale : voilà l’objectif de trois pièces théâtrales représentées à l’IFB dans l’après-midi de ce 11 septembre. Avec l’appui de l’OIM, elles ont été organisées en marge du « Projet de renforcement des mécanismes locaux de prévention et de résolution des conflits au Burundi ».

Les amateurs du théâtre en auront eu à leur soif. Et toutes les pièces de théâtre étaient adaptées au public de différents âges: enfants, adolescents et adultes.

« Kivu » ou le malheur au quotidien

D’une singularité inouïe, et d’un réalisme qui relate fidèlement nos vies, la pièce écrite par Marshall Mpinga Rugano était une des pièces théâtrales du jour. Un peu comme « Perpétue ou l’habitude du malheur », « Kivu » retrace  la vie  d’une fille du même nom qui raconte son calvaire de femme vivant dans une région où les guerres font partie du quotidien.

En proie aux guerres incessantes qui minent sa région, Kivu vit et grandit dans cette souffrance tumultueuse et garde ces plaies toujours béantes au fond de son âme. « Kivu », c’est aussi l’histoire de cette femme utilisée pour assouvir les appétits des prédateurs sexuels qui sont les groupes armés qui se disputent les minerais de la région au vu et au su du monde entier.

Laura Sheila Inangoma dans le rôle de « Kivu »

Violée par son propre frère, lui-même maquisard, voulant avorter mais n’y arrivant pas, Kivu se montre être une fille de caractère qui veut faire parler son vagin. Elle veut raconter son histoire en rapport avec les violences basées sur le genre et montrer que ce n’est pas une légende, encore moins un leurre. Des situations qui entrainent souvent des chocs émotionnels, des troubles mentaux, etc. Malgré l’immensité des problèmes auxquelles elle fait face, Kivu ne veut pas se laisser marcher dessus. Elle déclare : « L’heure n’est plus à l’attente, il est temps d’ébranler ce mur pour que retentisse notre voix à travers le monde entier car attendre c’est se taire et se taire c’est mourir. »

Et d’affirmer fort à la fin du théâtre : « Ils n’auront plus nos larmes, ni notre désespoir, nous nous relèverons. »

Un après-midi réussi

« C’est une soirée agréable », s’est réjouie Émilie Sophie Sépulcre chargée du projet – qui a appuyé la préparation et l’organisation des pièces théâtrales – au niveau de l’OIM, avant de renchérir : « La pièce était très complète. On ne pouvait pas mieux représenter les angoisses que les femmes survivantes des violences basées sur le genre peuvent ressentir. »

La coordinatrice des projets au sein de l’OIM lors de son discours d’ouverture

Et quel est l’objectif du projet ? « On travaille avec différents acteurs de la société pour la sensibilisation des violences basées sur le genre, la médiation familiale et le soutien aux familles qui ont des enfants qui souffrent des troubles psychiatriques. Tout cela concoure à un objectif unique qui est la promotion de la paix et le bien-être commun », a-t-elle informé.

« Faire comprendre qu’ensemble nous pouvons contribuer à l’amélioration des conditions de vie des malades mentaux, qui le sont devenus d’ailleurs souvent par nos actions. Montrer que chacun vit avec ses démons et que le malade mental n’est pas à discriminer, mais plutôt à comprendre. C’était ça notre but », a de son côté précisé Arthur Banshayeko, metteur en scène de « Kivu ».

Allan Niyukuri, un jeune venu assister à la pièce nous dira : « Décrire ce théâtre revient à décrire les affres socio- politiques qui sévissent dans la région des Grands-Lacs. C’est toute notre vie qui y est déroulée. »

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