Le monde du septième art vibre actuellement au rythme du Festival International du Cinéma et de l’audiovisuel du Burundi, Festicab. Une bonne occasion pour échanger sur la rentabilité du cinéma burundais.

Des cinéastes tant professionnels qu’amateurs et les cinéphiles burundais s’étaient donné rendez-vous ce 9 mai dans le patio de l’Institut Français du Burundi pour parler cinéma burundais. Dans un débat mené par un cador du secteur, Diane Kaneza, la chargée de la programmation au sein du Festicab, les participants ont longuement échangé sur les hauts et les bas du cinéma ainsi que sur des stratégies à adopter pour voir le cinéma burundais s’exporter à l’international.

Orphelin du soutien des pouvoirs publics

Abraham Musaba, ancien cadreur à la RTNB qui s’est reconverti en réalisateur a ouvert le bal des interventions par une question qui révèle un des grands maux du septième art burundais: « Qui est ici en tant que représentant du ministère de la Culture? » Personne ne s’est levée.

Ce manque de soutien du pouvoir public sur lequel beau nombre d’intervenants sont revenus est, selon eux, la cause du rachitisme dont souffre ce domaine. En témoigne la triste anecdote du jeune réalisateur Arthur Banshayeko: « J’ai enregistré mon film à l’Office Burundais de Droit d’Auteur. En principe, je devrais percevoir quelque chose de part ce qui impliquerait mon oeuvre. À ma grande surprise, j’ai vu mon film en projection dans un cinéma-monstre », terme indiquant ces maisonnettes de fortune utilisées comme salle de cinéma dans de nombreux quartiers populaires de Bujumbura.

« J’ai directement alerté la police », poursuit Arthur… La suite du récit laisserait penser que le réalisateur a eu gain de cause et a été dédommagé. Que nenni! Au contraire, le policier lui a jeté à la figure une réponse-coup de poing: « Nous ne savons rien de cette réglementation sur le cinéma dont tu nous parles ». Résigné, Arthur a dû céder et lâcher l’affaire.

Aux armes cinéastes, pas aux larmes!

Après une longue séquence d’étalage des défis aux relents de victimisation, s’en est suivi celle de proposition de solutions.« On ne nous servira pas ce dont nous avons besoin sur un plateau doré » a martelé plusieurs fois Abraham Musaba, tout comme plusieurs autres intervenants. Ces derniers ont notamment appelé à la constitution d’un lobbying pro-cinéma, mais aussi la mise en place d’un arsenal juridique consistant pour protéger le métier, le cinéma ne jouissant pas encore du statut de profession dans la législation burundaise.

Pour finir en beauté l’événement, il y’a eu projection du film « Taxi Love » co-réalisé par le tandem Jean Marie Ndihokubwayo et Francis Muhire et primé au Festicab 2013.

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