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Littérature

« Les paillettes », une soirée de vernissage réussie

Depuis son accès à l’indépendance, le Burundi a beaucoup changé dans la réalité matérielle, mais dans les mentalités un peu moins. La condition de la femme ne s’est pas beaucoup améliorée non plus. C’est le fond qu’offre « Les paillettes ». Retour sur la soirée du vernissage du roman de Jeanne d’Arc Nduwayo.

Le public venu assister au vernissage du dernier né du paysage littéraire burundais avait fait salle comble à l’Hôtel Mount Zion, ce jeudi le 05 novembre 2020. Fait plutôt rare dans les cérémonies de lancement des livres : le Gouvernement du Burundi était aussi représenté, par la Secrétaire Permanent au Ministère de la Culture.

Celle qui s’est toujours inspirée des romans de Chimamanda Ngozi Adichie, serait la 73ieme écrivaine burundaise à faire publier son roman, si l’on en croit Joseph Butoyi, président de l’association des écrivains du Burundi. Celle-ci explique que le thème principal de son roman est la bravoure ː « La bravoure de la femme tiraillée par la tradition et la modernité, mais qui par la ténacité et la persévérance parvient à atteindre ses objectifs. », précise-t-elle d’entrée de jeu.

Après avoir rappelé que la femme comme héroïne est omniprésente dans la littérature burundaise, le professeur Joseph Mukubano qui a fait l’analyse littéraire du roman a profité de l’occasion pour saluer le fait qu’il y’ait des femmes burundaises qui écrivent ; les noms comme Marie Louise Sibazuri, la jeune Berry Bernice, Concilie Niyongoma et autres.

Etant parmi ceux qui ont fait la relecture du livre, le professeur a voulu relier ce qui se passe dans le roman à ce qui se passe réellement dans la société. Pour lui ː « Si la société ne veut pas qu’une femme soit elle-même, elle tolère l’homme qui agresse la femme. » regrette-t-il, et d’enchainer ː « Ce roman donne à comprendre que la tradition et la modernité ne doivent pas être posées en termes de concurrence mais de complémentarité, tout comme le féminisme ne doit pas être pensé dans une logique de révolte contre l’homme. »

Qu’est-ce qui doit être fait pour que l’intellectuel burundais se mette à écrire ?

Le constat est là, et il est assez éloquent. 73 romans depuis l’indépendance, c’est très peu. Le vernissage du roman « Les paillettes » a été également une occasion d’échanges sur les difficultés rencontrées par les écrivains pour se faire publier et éditer, et ce qu’il faut faire pour qu’il y ait beaucoup d’écrivains burundais étant donné le fait que le Gouvernement burundais veut que dans les années à venir, les élèves puissent utiliser des livres écrits exclusivement par des auteurs burundais.

Et certainement en guise de solutions, le public et les panelistes ont émis plusieurs recommandations. Ils ont notamment demandé à ce que le gouvernement multiplie des bibliothèques à travers tout le pays, multiplie des prix littéraires et des maisons d’éditions, exonéré les librairies et les maisons d’édition. La Secrétaire Permanent a fait savoir que le Gouvernement porte à cœur ce souci de développer l’écriture et la lecture au Burundi d’autant plus que le pays ne sera pas complètement indépendant si les intellectuels Burundais ne se fassent pas entendre dans le concert des nations par l’écriture tant littéraire que purement scientifique.

Ella a par ailleurs rappelé que le Gouvernement a déjà fait des efforts notables pour encourager la lecture au Burundi. Entre autres, la création du Centre Burundais de Lecture et D’Animation Culturelle et l’ambition de pouvoir créer un CLAC pour chaque commune, et pas que. « Dans un futur proche, le Gouvernement projette aussi de construire une maison de culture qui abriterait en son sein une maison d’édition. »

Alors, à part que le roman se vend à 65 mille BIF chez l’auteure, que retenir d’autre de cette soirée ? Jeanne d’Arc Nduwayo préfère lancer un appel vibrant à ses congénères ː « Les filles et femmes burundaises doivent prendre la plume pour s’exprimer, critiquer et dénoncer parce que l’écriture permet de lancer un message qui transcende le temps et l’espace. » La plume n’aura jamais été militante !

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