Jimbere

Kirundi French English
Mode & Tissus

Livia Thiana Iteka, l’outsider sacrée Miss Burundi 2021

La Miss Burundi 2021 a 19 ans

Une bonne trentaine d’années sépare la naissance de notre Livia «nationale» et le temps où l’immense Mike Brant chantait le mythique «Qui qui saura?» ce soir c’est Livia Thiana qui aurait repris le morceau, car qui aurait su ? Quel devin l’aurait prédit ? Retour sur une soirée mémorable.

La météo n’est pas des plus clémentes le soir du vendredi 09 Avril 2021. il pleut des cordes sur Bujumbura.

Depuis la Grande salle du Centre de Formation Professionnelle de Kigobe « Ku Bashinwa », Bujumbura, la capitale économique comme une mère s’apprête à accoucher, à donner au Burundi une miss nationale, cette femme intelligente et belle représentant tout la gent féminine du pays, une première depuis 2017. Un accouchement alors, il en est un.

Au Burundi, un accouchement mobilise amis, voisins, et connaissances. De Bujumbura jusqu’au fin fond du Burundi vert-bananeraie, tout le pays est suspendu au verdict, il est éveillé. Les réseaux sociaux comme d’habitude sont en effervescence. Le rendez-vous est très attendu et les gens s’adonnent, le verbe prolixe, luxuriant, florissant aux pronostics.

« Moi je crois que c’est Dative, qui d’autre peut rivaliser ? dit dans le carré VIP où les hauts dignitaires de ce pays et autres « bien-portants » financièrement descendent tout doucement leurs bières. Son amie réplique, Non, c’est définitivement Liesse Mutoni, qu’est-ce qu’elle est extraordinaire ? ».

Personne ne semble alors douter, Liesse Mutoni et Dative Uwimana sont les deux noms sur toutes les lèvres. Dans l’audience présente dans la salle et sur les réseaux sociaux. Mais au courant de la soirée, un autre nom émerge ; Niteka Ange Maïthé de par son discours qui aura su captiver l’audience.

Et le verdict qui prit tout le monde à court

Au terme d’une bataille rude. Ce qui devrait arriver arriva ; la proclamation. D’abord Irvine Floréale Murame qui va prendre la parole au nom de tout le Jury pour remercier les candidates. Pour leur dire que toutes méritaient la couronne et qu’elles devraient être fières d’elles-mêmes. Mais il faut plutôt trancher les débats, le public est exténué d’attendre, à cette heure tardive-01h 30 du matin

 Le verdict alorsː Saba Sabrina Nshimirimana, 18 ans candidate pour la Mairie de Bujumbura est proclamée deuxième dauphine avec son projet : Suivi interne et externe des enfants vivant dans des orphelinats.
Bernice Muhoranamana, 20 ans, elle est aussi de la Mairie de Bujumbura vient à la deuxième place. Son projet quant à lui porte sur la limitation du nombre de diagnostic tardif du cancer de sein.
Pour le vote populaire, la place de Miss Popularity reviendra à Dative Uwimana, 23 ans représentant la province de Kirundo. Son projet met en avant la promotion du tourisme durable au Burundi, « Ku mutima wa Africa ».

 La surprise générale sera donc le sacre de Livia Thiana Iteka 19 ans, comme Miss Burundi 2021.  Il faut le dire sans le dire, tout en le disant quand même personne n’avait vu ça venir. Le public un peu déçu, un peu épuisé vide les lieux en douce. Un commentaire derrière nous : « Biheze ukuntu » : » comme quoi ça finit étrangement »

Mais qu’est-ce qu’on retient alors de Miss Burundi 2021 ? D’abord que les filles burundaises, loin de tous les clichés dont on pourrait les affubler sont intelligentes. Personne n’aurait voulu être dans la place des jurés au vu des présentations faites par les candidates, c’est sûr que le jury a passé un mauvais quart d’heure avant de se mettre d’accord sur les filles qu’il faudra primer.

Deuxièmement que l’événement Miss Burundi au même titre que les matchs de l’équipe nationale est un évènement de communion nationale et qui suscite tant de passions, on en veut chaque année. Un moment de communion en tant que Burundais. Et enfin que le public a énormément soif que les boîtes dansantes rouvrent et que marée haute, marée basse toute fête qui se respecte au Burundi ne peut pas se terminer sans Vulindlela, There’s a party ou encore Tago mago, cela malgré la dictature, les cris, les grognes et les plaintes de ceux qui veulent qu’on ne consomme que la musique locale.

Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

To Top