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« Les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs »

Ils se retrouvent, du jour au lendemain, à Bujumbura pour pouvoir continuer leurs études. Mais par manque de repère et d’assistance, certains jeunes tombent dans les travers de la drogue et de l’alcool. Zoom 

Il s’appelle Patrick Kabura. En en 2018, ce natif de Kayanza (centre du Burundi) demande à son père de le laisser finir son cursus scolaire à Bujumbura. Celui-ci accepte : « Je me rappelle encore ce jour-là, j’étais très excité et content car j’allais enfin découvrir la ville que je ne voyais qu’à la télévision. »

Le jeune n’a qu’une idée en tête : voir cette ville où les gens sont en mouvement 24h sur 24h, connue pour sa beauté, son lac Tanganyika, ses belles rues et ses musiciens. 

Dès son arrivée, il veut s imiter les enfants de la ville, se montrer cool pour ne pas paraitre lourdaud, oubliant qu’en kirundi il y a un proverbe qui dit «Ingedo y’uwundi iravuna. » (Vouloir imiter quelqu’un peut parfois nous amener à subir des conséquences) : « Quand je suis arrivé à Bujumbura je me suis directement fait des amis, ça n’a pas étais difficile pour moi de vite m’adapter. »

Se fondre dans la masse

Au début, raconte Kabura, il est ponctuel à l’école, toujours assis pour mieux suivre les cours. Il fait régulièrement bien ses devoirs. En gros tout marche bien jusqu’au jour où il intègre un groupe appelé les « leaders » par le biais d’une certaine Linda, son amie. Si de nombreux jeunes tirent beaucoup de satisfactions et de bénéfices des relations amicales qu’ils parviennent à nouer, affirme-t-il, pour d’autres les amitiés peuvent majorer certains risques voir conduire aux troubles des conduites : « Je n’avais jamais gouté à la drogue depuis ma naissance jusqu’à ce que je rencontre ce fameux groupe. Je me suis mis à boire comme un tonneau. » 

Le plus triste, se souvient le jeune homme, est qu’il était dans l’impossibilité de refuser à cause de son statut du jeune campagnard qui essaye de se faire une place, ce qui l’a conduit à rater les cours. Résultat : il a échoué à l’école.

Au lieu de tout avouer à sa famille, le jeune homme décide de vivre dans le mensonge : « Mon père pensait que tout allait bien et moi de l’autre côté je ne faisais que demander de l’argent tous les jours à ma famille pour m’acheter de la drogue. » 

Prise de conscience…

Quelques mois après son échec scolaire, Patrick Kabura eût un petit malaise causé par des substances qu’il consommait de plus en plus. Il est conduit à l’hôpital pour un mois. Dos au mur, il n’a d’autres choix que de tout avouer à son père.

La famille l’amena vivre chez sa tante et lui changea d’école : « Quand j’ai quitté l’hôpital, j’ai vite changé des amis et maintenant où je vous parle, je suis en première année d’université. » 

Et de conclure en demandant aux jeunes qui arrivent fraichement de l’intérieur du pays de bien savoir choisir leurs amis : « Bujumbura peut paraitre une ville douce et pleine d’opportunité, mais aussi une ville monstrueuse si on se comporte mal. »

Un article rédigé par Christian Biregeyi, issu de la faculté des sciences de la communication à l’Université Lumière de Bujumbura dans le cadre d’un stage au sein du Magazine Jimbere

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