Melchisédeck Boshirwa, étudiant du Département d’Anglais à l’Institut de Pédagogie Appliquée, est l’un de braves qui sont passés de la lecture à l’écriture. Il présentait le fruit de ses sept ans de dur labeur ce vendredi devant les amoureux des belles lettres à l’Université du Burundi.

Une lance dans une main, un micro dans l’autre, pieds nus et une tenue de tambourinaire pour couvrir le haut, cet enseignant en devenir fait escale sur scène. Dans une théâtralité inédite, il fit goûter à la salle les délices de sa plume. « La poésie est mon art et mon pactole » a-t-il titré son recueil de plus de soixante poèmes écrits de 2011 à 2017.

« Je suis un fou fier de sa folie ». Point. Telle fut sa présentation. Il lui aura fallu un grain de « folie », en tout cas une brûlure intérieure tenace pour accoucher sur une centaine de pages ses lamentations, son amour, ses jubilations, ses déceptions, son chagrin,…la liste est longue. Une mosaïque de thèmes « qui circulent dans le sang de tout vrai homme », tel que le dira le professeur Joseph Mukubano.

Mais quel mal viennent réparer ces mots dans la société burundaise? Et d’ailleurs qui vivrait de la poésie ? Des interrogations fusent de la salle. Des questions auxquelles certains chevronnés de la création littéraire apporteront un peu de lumière.

Pour répondre à la première, Joseph Mukubano commencera par regretter qu’il écrit des poèmes que personne ne lit. Il précisera ensuite : « Les sociétés qui n’écrivent pas sont des sociétés aliénées ». Autant en déduire que le Burundi ne voudrait pas emprunter cette voie.

Quant à la récolte, Joséphine Ndimira, elle-même auteure de quatre livres scolaires, dira qu’« à côté de l’art, à côté de la réjouissance, on peut aussi mettre quelque chose dans la poche ». Elle invitera alors ce poète en herbe à protéger ses œuvres auprès de l’Office Burundais des Droits d’Auteur (OBDA).

Un recueil imprimé chez MEX

Il aura fallu à cet originaire de Ruyigi l’escalade de tant d’obstacles pour voir son œuvre aboutie. Un ordinateur emprunté à son oncle pour la saisie des textes, un éditeur italien rencontré sur Facebook, des photos d’illustration téléchargées sur Google ou prise par téléphone… de quoi tracer un chemin peu ordinaire. Avant de décrocher un ISBN chez Pluriversum en Italie.

Un professeur d’université acceptera de relire son recueil, mais se retiendra de figurer sur ses pages. L’auteur finira par se préfacer. L’Université du Burundi financera ensuite les premières impressions. « Quinze exemplaires en tout seront imprimés chez MEX, à Bujumbura », confie l’auteur.

Avant que le Centre de Recherche en Didactique des Disciplines et de Diffusion des Sciences (CRDS), mandaté par l’Université du Burundi, ne lui organise ce lancement officiel.

Ainsi Melchisédeck, a.k.a Melcky Boshir, devint un modèle pour d’autres étudiants qui ne seraient pas encore fiers de leur « folie ».

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