Jimbere

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Théâtre

« Mémoire éternelle », l’aptonyme

©Jimbere | Lors de la présentation de la première comédie musicale burundaise

Samedi 15 Juin se jouait la première comédie musicale burundaise. « Mémoire éternelle » devrait marquer à jamais les cœurs de ceux qui ont assisté à sa présentation de cette œuvre pionnière dans son genre sur la scène artistique nationale

Au terme d’un chœur à donner la chair de poule, la scène est illuminée de vives couleurs. S’ensuit un standing ovation contagieux, qui n’a rien à envier aux holas des stades lors des grands soirs du foot. D’un siège à l’autre, les spectateurs se lèvent en frappant frénétiquement dans les mains. Comme si deux paumes ne suffisent pour exprimer leur admiration. Les stars du show se joignent à eux. Des « bravoooooooooooos » fusent de partout. Le metteur en scène présente les comédiens qui saluent le public par des élégantes révérences. Chaque nom est accueilli par des vivats. L’apothéose d’une soirée unique.

Un peu plus tôt …

17h, l’heure du début du spectacle. Enfin sur les affiches. Cliché que cela puisse paraître, la ponctualité et le Burundais: l’idylle connait des averses. Un à un les spectateurs arrivent. Dans la salle on s’impatiente un peu tout de même. On jette des regards sur les poignets et sur les écrans des téléphones pour s’enquérir sur l’heure. Une mauvaise nouvelle pour les moins de dix huit ans: leurs tickets, vendus à 5.000 francs sont terminés. Seuls quelques tickets de 10.000 Fbu, pour « adultes », restent à glaner.

Pas question de rater le show pour une demoiselle qui, sans l’ombre d’une hésitation rend au guichetier le billet jaune.« Que voulez-vous, vous pensez que je pourrais retourner comme ça ? » semblent dire ses yeux à la vue de la main tendue qui lui offre un petit bout de papier, le sésame. Le pas pressé elle se fond dans la masse qui patiente devant la porte de la salle de spectacle.

Dans les coulisses on s’affaire. Les costumes sont rajustés avec minutie. Chaque tenue raconte une histoire différente. L’équipe est enfin prête. Les lumières sont éteintes. La fête peut commencer!

Les musiciens donnent le la. Une époque est révolue, celle où le théâtre burundais ne connaissait pas la comédie musicale.

Les premières notes résonnent dans les recoins de l’enceinte. Mais que font-ils ces jeunes qui courent comme des possédés sur scène? C’était donc pour ça qu’on nous bassine avec une pub alléchante ? Sauf que … L’on se retrouve embarqué dans un imbroglio de familles qui cherchent à briser le cycle de la discorde née d’une affaire de dettes non remboursées qui ensanglante leur cohabitation pendant des années. L’amour de leurs tourtereaux connaît des turbulences dès le sixième mois. Le mariage ne s’avère pas être le remède efficace pour faire disparaître la vendetta. Non seulement l’union de leurs enfants est rompue, mais aussi une affaire de meurtre s’invite dans la partie.
Tout ce qui manquait pour empirer une situation déjà tumultueuse. Un voyage au bout du suspens qui, après mille et une rebondissements, mène à un happy-end de l’entente retrouvée. Une construction artistique qui trouve un écho dans une société burundaise hantée par des divisions de tous genres…

A la fin, un public conquis mais qui trouve quelques points à relever :  Certains chanteurs convertis en comédiens pour l’occasion manquent des réflexes d’acteurs et vice versa. Peut être qu’avec le temps, la mayonnaise va prendre», tranche un spectateur à la sortie. Une observation qui n’est pas loin de celle d’Arnold Olol’enyanya, l’auteur de la pièce qui reconnaît que «camper les personnages en chantant et en exécutant des chorégraphies n’était pas une douce sinécure».Acclamons le mérite d’avoir essayé.

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