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Menyumenyeshe : entre mérites vantés et souhait de l’extension du programme

Les jeunes regroupés autour du slogan « Ma Voix compte » des réseaux sociocommunautaires de Kamenge et Mutakura, appuyés par le FNUAP à travers le programme Menyumumenyeshe, ont organisé une soirée culturelle au Centre Jeunes Kamenge, le 16 octobre. Une nouvelle occasion de se rendre compte de l’efficacité du programme.

« Plaider à travers les différents numéros culturels, pour une vie dans la communauté débarrassée de violences basées sur le genre, lutter contre des pratiques néfastes et le VIH Sida », tel était l’objectif de la soirée organisée en marge de la Journée internationale de la jeune fille, célébrée chaque 11 octobre.

Grâce Niyonzima, l’une des jeunes qui s’est exprimée au nom des Groupements de solidarité [GS] de Kamenge et Mutakura, indique qu’il était également question d’inviter les jeunes à prendre la tête d’une génération active qui accélère le changement social, et de pouvoir partager les compétences sur la santé sexuelle et reproductive pour aider leurs pairs à aborder l’avenir de leurs choix.

En effet, quand ils ont décidé de se regrouper autour de cette devise, ces jeunes venaient de bénéficier d’une série de formations sur les compétences de la vie courante, les violences basées sur le genre et sur l’approche d’épargne et de crédit, le tout grâce à Menyumenyeshe.

Les jeunes appelés à jouer un rôle dans la communauté

Leur slogan, expliquent-ils, veut dire beaucoup : « « Ma voix compte » est plus qu’un slogan, c’est un message que nous envoyons à toute la communauté. Un message que nous voulons retentissant. Un appel à la mobilisation de nos pairs, les autres jeunes filles surtout, pour se lever, braver toutes les contraintes, œuvrer pour le bien-être et le développement communautaire et surtout œuvrer pour notre épanouissement social », précisera Grâce.

En effet, toujours selon Grâce, comme d’ailleurs ça résonnait dans les sketchs qu’ils ont performés, ces jeunes ont compris à travers Menyumenyeshe que leur voix compte réellement, et que s’ils se mettent ensemble, ils peuvent accomplir pas mal de choses et amorcer le changement dans la communauté quant aux thématiques comme la dignité et la condition de la femme, la gestion de la santé sexuelle et reproductive, …

« Nous avons compris que nous devons prendre le relais en tant que leaders, afin de sensibiliser les jeunes à maintenir leur bien-être général et socio-économique et ainsi assurer un avenir qui promeut l’égalité de chances entre les genres », expliquera Jeanne Irakoze, une autre bénéficiaire de la série des formations.

Encore un long chemin à parcourir …

Malgré les résultats positifs enregistrés, le Secrétaire Permanent au Ministère de la Solidarité, Felix Ngendabanyikwa, également présent à la soirée, a indiqué qu’il reste un long chemin à faire. « Le contexte social est tel que, les jeunes découvrent la sexualité sur des sources d’information autre que le cadre familial, notamment internet avec son corolaire de problèmes. Ainsi, le rôle des familles dans l’information des adolescents doit être renforcé. »

Et d’ajouterː « Vu que les jeunes filles des quartiers défavorisés sont les plus exposées, nous devons à présent aller au-delà de ces avances conceptuelles et permettre aux jeunes d’être autonomes, ce qui revient à leur donner les outils pour devenir des acteurs productifs et donc plus influents, au sein de la communauté. »

Par ailleurs, les jeunes ont exprimé le souhait de voir l’extension du programme Menyumenyeshe. Ils ont aussi demandé au Secrétaire Permanent de plaider pour que les jeunes filles qui ont des grossesses au cours de l’année scolaire ne soient plus renvoyées de l’école : « Le Gouvernement devrait plutôt consentir plus d’efforts axés sur la promotion de l’accès à l’éducation, aux services de santé, dont les services de santé sexuelle et reproductive, pour permettre à ces jeunes de se rétablir de ce choc qu’est une grossesse qui survient dans la jeunesse. »

Julien Ouédraogo, qui avait représentait le FNUAP lors de ces cérémonies, leur a promis l’appui dont ils auront besoin, dans la transformation de leurs communautés, à travers la sensibilisation, pour notamment trouver des issues et voies aux problèmes relatifs aux violences basées sur le genre. Il a d’ailleurs profité de l’occasion pour rappeler à ces jeunes de rester regroupés et de travailler pour l’avenir de leur choix : « Le travail est important, tant que nous travaillons, le vice s’éloigne et la vertu prend place. » Un message dont les jeunes ont assuré avoir bien saisi.

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