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Oui, Menyumenyeshe profite aux jeunes, mais les parents dans tout ça ?

Le foyer est sans nul doute  la source de l’éducation des enfants, ce que la sagesse rundi appelle ‘’indero yo kuziko’’. En réalité, les parents constituent  un maillon essentiel de l’éducation des jeunes. Cela, Menyumenyeshe ne l’a pas oublié. Dans quelle mesure ce projet impacte-t-il la relation parent-enfant bien souvent maquée par des tabous, des non-dits et des insinuations ? Découvrons-le avec Pasteur Venant Bonihankuye, parent modèle.

« Imaginez un parent qui voudrait conseiller à sa fille en ce qui concerne la sexualité et qui, de bonne foi lui dit : ‘’Ne montre jamais ton caleçon aux garçons’’. Bien après, la fille voit les garçons s’amuser en montant dans les arbres. Quand ils ont descendus, elle monte à son tour. Sa mère mise au courant du fait que sa fille monte dans les arbres  accourt pour la gronder. Cette dernière, très confuse, dit à sa mère : ‘’Maman les garçons n’ont pas  vu mon caleçon car j’ai pris soin de l’enlever avant de monter’’ ». C’est par cette anecdote croustillante qu’a démarré notre interlocuteur tient des formateurs de Menyumenyeshe que notre entretien. Pasteur Venant Mbonihankuye, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est parent modèle de la colline Kibogoye en commune Kayokwe de la province Mwaro. Cette comique de situation que soulève l’anecdote, il  ne l’a pas choisi sans raison. Il voulait expliquer comment une mauvaise communication entre parents et enfants peut conduire au désastre.

« De moins en moins de tabous entre moi et mes enfants »

De son ton mesuré des révérends pasteurs, ce père de trois enfants (17, 13 et 5ans) relate : «  Un jour ma fille est venue me dire  ‘’Papa, il y a un garçon qui me dérange en classe’’. Avant d’avoir reçu les enseignements de Menyumenyeshe, je parie que jamais ma fille  n’aurait osé venir me parler ainsi. Mes enfants avaient peur de moi. Mais aujourd’hui, il y a de moins en moins de tabous entre moi et mes enfants », affirme Pasteur Venant. Il ajoute qu’il a d’abord parlé calmement avec sa fille puis, est allé voir l’encadreur qui par la suite a suivi le garçon de près. « Maintenant tout va bien, je sais comment parler à mes enfants pour leur bien ».

Le témoignage de Venant est d’autant plus instructif qu’il est pasteur de l’Eglise Vivante de Mwaro. En effet, les enfants des religieux sont parmi ceux qui ont très peur d’avoir une conversation liée à la sexualité avec leurs parents du fait qu’ils les considèrent comme pieux et moins enclins à les comprendre, d’après lui. D’où il s’estime heureux d’avoir relevé le défis d’inciter ses enfants à lui parler de ‘’ces choses embarrassantes’’, grâce à Menyumenyeshe, tient-il à souligner.

A partir de la famille nucléique, c’est toute la communauté qui prend conscience de la nécessité d’agir pour le bien être des jeunes, selon toujours Venant.  « Si une fille tombe enceinte, c’est-à-dire que le cadre familial ou  religieux n’a pas été suffisant. La solution n’est pas de laisser tomber ou de traumatiser la jeune fille mais plutôt de la référer au Centre de Santé Amis des Jeunes à même de mieux l’aider. Ça aussi je l’ai compris avec Menyumenyeshe ».

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