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Enfance

Le nombre d’enfants en situation de rue en hausse : où se trouve la faille ?

L’Union européenne a organisé une conférence-débat sur les droits de l’enfant au Burundi, ce 20 novembre, à l’IFB, dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de l’enfance.

« Comment faire face au phénomène des enfants de la rue ? » Tel était le thème au centre du débat. Le panel : Christine Ntahe « Maman Dimanche », Berchmas Niyoyunguruza de FVS Amade, Aimable Barandagiye de Giriyuja, et Mylène Ntamatungiro de Terres des Hommes, tous du secteur de la protection des droits de l’enfant. Ils ont fait le tour de ce phénomène complexe et difficile à cerner d’autant plus qu’il n’a même pas de statistiques actualisées.

Prenant la parole en premier, « Maman Dimanche » indiquera que la complexité de l’état des lieux réside dans le fait ces enfants sont dans une mobilité fréquente. « Aujourd’hui ils sont dans la rue, demain on les retrouve en prison, après demain dans les foyers, pour retourner dans la rue après. Il est alors difficile de les tracer, de façon efficace. » Celle qui a débuté par donner un repas dominical à une quinzaine d’enfants en situation de rue au lendemain de la crise de 1993, prend en charge actuellement plus de 200 enfants. Et les chiffres ne font qu’augmenter.

Aimable Barandagiye de Giriyuja, de son côté, mentionnera que l’enquête digne de ce nom sur ce phénomène date de 2011. « Il faisait état de 5.000 enfants en situation. Et il était fait sur seulement 4 chefs-lieux des provinces Bujumbura, Kayanza, Gitega et Ngozi. » Pour Berchmas Niyoyunguruza de FVS Amade, ces chiffres sont largement dépassés depuis longtemps, d’autant plus que d’autres provinces comme Muyinga, Rumonge, … affichent une démographie galopante qui va de pair avec le phénomène des enfants en situation de rue.

Des pistes de solutions

« Leur donner de l’amour, l’affection, la considération. Ces sont leurs premiers droits. On leur a privé ce qui est primordial pour un enfant »,insistera avec fermeté « Maman dimanche ». Pour elle, ces enfants sont traités à tort de tous les maux. « On les taxe d’être des voleurs, des violeurs, des dangers pour la société. Mais que voulez-vous qu’ils adviennent quand on leur prive de ce qu’ils devraient bénéficier pour être épanouis, éduqués … ? »

Et de marteler qu’ils ne sont pas des monstres comme on l’imagine. Ils ont du cœur, des rêves, des sentiments, des ambitions … comme tous les autres. Seulement, la manière de les approcher, de communiquer avec eux, est à pratiquer avec plus de passion.

De son côté, Mylène Ntamatungiro de Terres des Hommes, fera savoir que le fait que le nombre de ces enfants augmente à vive allure est le résultat négatif des maltraitances que ces innocents subissent dans les communautés. « Essayons d’omettre un peu les statistiques et d’aborder le sujet dans son sens le plus profond. Certes, on mentionne la pauvreté comme principale source, mais, si on analyse bien, derrière chaque histoire de ces enfants se trouve des violences, et pas nécessairement liées à la pauvreté. »

Pour Mylène, l’inaction de l’adulte est aussi à pointer du doigt : « Il faut sortir du silence et agir. Toute personne devrait être sensible à ce phénomène. C’est honteux de voir le désintéressement que manifeste l’adulte, face à ses enfants. » Et de plaider pour des programmes et des politiques qui commencent par la rue, des approches profondément réfléchies vers la crédibilité et la confiance de ces enfants, eux qui sont les bénéficiaires.

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