Jimbere

FAITES VOS PUBLICATIONS ICI
Kirundi French English
Société

Il n’est pas souvent agréable d’être papy ou mamy au Burundi

Chaque 1er octobre, le monde célèbre la journée dédiée aux personnes âgées. Au Burundi, la politique de protection sociale n’a pas de loi spécifique pour les personnes du 3ème âge qui se retrouvent souvent loin de leurs, sans assistance, et dans une misère totale.

La structure par âge issue du dernier Recensement Général de la Population et de l’Habitat (2008) montre que la population du Burundi est extrêmement jeune : plus de 65% sont âgées de moins de 25 ans. Quant aux personnes âgées de 60 ans et plus, elles ne représentent que 4% des Burundais.

Mais, la vie de ces derniers n’est pas une aubaine. A l’image de ce témoignage : « Nous avons eu beaucoup d’enfants et de petits enfants, mais à cause des conflits fonciers, nous avons dû être forcés de quitter notre propriété, et depuis nous avons peur d’y retourner », raconte avec amertume un vieux couple logé à la Faspao (Famille d’accueil et de soutien aux personnes âgées et aux orphelins), sise à Bujumbura.

Pétronie, septuagénaire, atteinte d’une paralysie des membres inférieures, a été accueillie au centre depuis plusieurs années : « Je me sens isolée et enfermée. Cela fait des années que je n’ai vu aucun membre de ma famille », se désole-t-elle.
Une triste réalité qu’elle partage avec nombreux de ses locataires, chacun avec un parcours différent. Une situation qui ne serait sans doute d’actualité si la culture burundaise avait gardé la solidarité jadis partagée à l’intérieur des enclos où différentes générations cohabitaient, veillant l’une sur l’autre, les enfants et petits-enfants étant au secours des papy et mamy, comme le prescrit le proverbe en kirundi : « Urukwavu rurakura rukonka umwana ».

Le Gouvernement à la rescousse

« Le changement structurel de notre société et l’absence des lois spécifiques pour les personnes du troisième âge sont à l’origine des maux qui rongent la vie de nos aïeux », explique Me Cyrille Isirahenda, fondateur de la Faspao.

A la veille de la célébration de la Journée, le ministre en charge des Droits de la Personne Humaine, Martin Nivyabandi, avait sorti une Déclaration qui contient certaines mesures atténuantes face aux « conditions très critiques dans lesquelles vivent certaines personnes âgées » : octroi des subsides annuels, paiement des factures d’eau et d’électricité et exonération des biens et services destinés à cette catégorie aux centres et associations œuvrant en faveur des personnes âgées.

Un portrait rédigé par Kathia Gretta Iradukunda dans le cadre du stage au sein du Magazine Jimbere comme un ancien du programme « Enfants journalistes » de l’UNICEF Burundi.

Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

To Top
Aliquam leo. libero. commodo Sed lectus risus felis