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Economie

Pénurie du sucre : les spéculateurs dans le collimateur de la SOSUMO

Début février, l’ADG de la SOSUMO dénonçait dans une sortie médiatique, les spéculations de la part de certains commerçants comme cause de la carence du sucre. Il annonçait des changements dans la distribution, mais force est de constater que des manquements subsistent…  

Dans les boutiques des quartiers en mairie de Bujumbura, il n’est toujours pas facile d’avoir du sucre. A Taba en zone Gihosha, un vendeur explique sa situation : « Je vendais du sucre au détail avec une cuillère. En janvier dernier non seulement il était devenu difficile de trouver du sucre, mais le kg s’achetait autour de 3500 FBU là où on pouvait s’en approvisionner. Certains acheteurs mécontents se sont plaints, comme quoi nous offrons des quantités réduites pour le même prix. Nous avons dû fermer toute une semaine. Depuis, le propriétaire ne veut plus entendre parler de sucre dans sa boutique ». Il ajoute que les petites boutiques ont du mal à s’approvisionner en sucre contrairement aux grandes alimentations.

Au kiosque El Shadaï de Gasenyi le sucre y est. On rationne la distribution afin de permettre à un plus grand nombre de personnes d’en avoir. «Chaque client n’a droit qu’à ½ kg seulement. Le sucre est devenu tellement rare », a indiqué le vendeur.

Au sud de la capitale, même son de cloche. Il est quasiment impossible de trouver cette denrée rare. Habitante du quartier Kinindo, Claudine, une nounou vient de sillonner les quartiers Kinanira II et III à la recherche du sucre sans succès. « J’ai dû informer ma patronne, pour qu’elle l’achète au centre-ville ».

Et pourtant le centre-ville de Bujumbura ne déroge pas à la règle. Certaines alimentations en ont, d’autres ont tout simplement abandonner la vente du sucre. « Cela fait plus de 2 mois que je ne pense même plus à ça. On ne sait pas à qui les grossistes distribuent le sucre », s’indigne un marchand de la mini alimentation Ineza, en face de l’INSS. A quelques mètres, l’alimentation Agaharawe en dispose en quantité suffisante, et le vend au prix fixé par la SOSUMO. « On vend à 2400Fbu le kg. Il parait que les spéculateurs, une fois dénoncés, sont directement incarcérés à la prison centrale de Mpimba », avance le vendeur de chez Agaharawe.

La liste des distributeurs revue par la SOSUMO

Comme le fait savoir Jean Pierre Nzobandora, chargé des ventes et du marketing à la SOSUMO, la quantité de sucre produite par cette société est amplement suffisante. Selon lui c’est la spéculation qui est à l’origine de la pénurie. « Au mois de juillet et août, durant la période des vacances scolaires où le sucre est beaucoup consommé, nous avons fourni autour de 1.200 tonnes. Au cours de ce premier trimestre 2020, nous avons distribué 2.500 tonnes soit le double. Et paradoxalement c’est là que la carence se fait sentir! C’est absurde ». Et d’ajouter que le nombre de distributeurs avait considérablement augmenté, d’où peut-être la spéculation et les fraudes, mais aussi des « petits malins » qui utilisent le sucre pour la production des boissons prohibées. C’est pour cela que certaines mesures ont été prises. « En collaboration avec le ministère du commerce, des contrôles de rigueur se font actuellement. Ainsi, une nouvelle liste de distributeurs a été élaborée. La SOSUMO collabore directement avec les alimentations et les boutiques pour éviter toute spéculation. Nous avons bien évidemment des distributeurs fidèles depuis des années, avec lesquels nous comptons collaborés étroitement», a conclu M. Nzobandora.

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