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Basketball

Play offs ACBAB: le choc Urunani vs Dynamo finit en gâchis

Les 2 derniers matchs tranchants pour les demi-finales des play offs se bouclaient ce dimanche, au terrain du département des sports. Alors que des milliers d’amoureux du ballon orange s’attendaient à un match décisif entre les éternels rivaux, se fut un chaos total servi.

«Un tel public, cela faisait plus d’une quinzaine d’années qu’on ne le voit pas pour un match de basketball, encore moins, pour les demi-finales.» S’émerveille un spectateur. Il est 13h tapant, sous un soleil de plomb, le grand choc du jour tant attendu démarre. De part et d’autres, leurs fans animent. Ceux d’Urunani dominent bien évidemment, comme à l’habituel. Les supporteurs de Dynamo, bien nombreux dans les tribunes «VIP» ne se remarquent que quand des points sont marqués, ou quand leur actuel joueur clé, Richard Ndikuriyo, fait des gestes majestueux. Les débuts du match sont rudes, les deux équipes font une défense d’enfer. Horreur aux faibles physiquement. Peu de points sont marqués, et plus de fautes sont faites.

Le déclic au second quart temps

Alors que le match prend son bon train, en plein second quart temps, le premier incident du match. Un arbitre arrête momentanément le jeu. Un supporteur d’Urunani l’aurait humilié. La décision prise est de faire sortir de force le supporteur, mais ce dernier, avec l’appui du grand public d’Urunani, refuse de sortir. Le match passera autour d’un quart d’heure aux arrêts, pour reprendre après moults négociations et dialogues. La première partie finira par un léger avantage de Dynamo, mais avec de nombreuses lamentations, de part et d’autres, sur les décisions de l’arbitrage. «Normalement, les arbitres ne devraient pas écouter ce qui se trame chez les supporteurs. Dans un match sous hautes tentions comme celui-ci, il est compréhensible que des injures, de confrontations verbales aient lieu. Les arbitres ne devraient pas y prêter grande attention. Autrement, il leur sera difficile de gérer cette pression à l’intérieur et à l’extérieur du terrain.» Scande un inconditionnel supporteur d’Urunani, visiblement moins d’accord avec les décisions arbitrales.

Une fin du match scandaleuse

A moins de deux minutes de la fin du match, alors que les deux équipes sont pied sur pied (61-61), la pression monte, le temps presse, et les possesseurs du ballon sont les plus chanceux pour une probable victoire. A une contre-attaque d’Urunani, la sortie de la balle crée scandale. L’arbitre juge que la relance revient à Dynamo, et la révolte éclate, tant du côté du public que pour les joueurs d’Urunani. Elvis Hakizimana dit «Gafyisi» capitaine de l’équipe exhortera sa bande de quitter le terrain, avec l’accord d’Aaron Kagabo, le coach principal. Le chaos total s’installe. La police est surpassée. Les dirigeants de l’ACBAB sont eux aussi submergés. Cette fois-ci, les négociations ne vont pas réussir. Urunani refuse catégoriquement de retourner sur terrain, si la relance du ballon ne leur est pas donnée. Après plus d’une heure de dispute, le corps arbitral et l’ACBAB vont opter de sanctionner le Club Urunani par un forfait, synonyme de disqualification direct pour la finale.

Pour Elvis Hakizimana, leader de l’effectif d’Urunani, son équipe a subit une injustice intolérable durant tout le cours du match. «C’est révoltant. Nous avons crié injustice tout le long du match, mais sans effet. Ils nous ont sifflé des fautes imaginaires, mais nous avions tenus tête jusqu’à ce que cet incident de trop ne s’invite. Les choses doivent changer. L’arbitrage va de mal en pis. Cela bloque le jeu et affaiblit les opprimés que nous sommes.»

Encore plus d’amateurisme au jeu

«C’est encore un signe que nous sommes très loin d’embrasser le professionnel. Le weekend passé, le chrono des 24 secondes a gâché les matchs, chose inadmissible au 21ème siècle. Et voilà encore, que les supporteurs se donnent le droit de stopper un match. On ne fait que des marches arrières dans notre cher sport». Déplore un supporteur, triste.

Pour Fabrice Mbanzabugabo, arbitre de longues dates, les actes posés par les supporteurs d’Urunani, ainsi que le refus des joueurs de terminer le match sont à éviter, car les dommages doivent leur revenir, de toutes les façons. «Ce n’est pas aux supporteurs d’indiquer comment les arbitres sifflent. Nous avons le meilleur corps arbitral de la sous-région, et c’est prouvé. Si de probables erreurs de sortis et de relance se font, cela ne signifie pas que le match tombe en fiasco.» Et d’indique que l’ACBAB devrait mobiliser un nombre consistant de policiers pour éviter ces troubles répétitives de la part du public, sinon, ils seront ingérables dans les jours à venir.

A toutes fins utiles, il sied de mentionner que le Burundi ne possède qu’un seul arbitre international actif, au nom de Mujeje Franck.

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