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Les plus belles collines du Burundi selon Care dévoilées

©Jimbere | Certificat de CARE Burundi remis au chef de la colline Kinyovu, la championne en matière de lutte contre les VSBG

Care International Burundi a lancé un concours de récits narrant l’action des communautés collinaires dans la lutte contre les pratiques allant à l’encontre de la dignité de la femme. Dans la soirée de ce 5 juin se déroulaient les cérémonies de remise de prix aux meilleurs textes

Des collines aux paysages paradisiaques offrant des vues dignes de cartes postales, il y’en a en veux-tu en voilà. Loin de cet émerveillement touristique, Care Burundi promeut une autre approche non moins originale pour juger de la beauté d’une colline. Ainsi, l’ampleur des violences que subissent les femmes dans une localité donnent à celle-ci sa mesure de beauté. La jeune slameuse Kerry Gladys Ntirampeba l’a décrit avec brio, dans son texte évoquant « le cœur en cendres dans un monde où [les rêves de la femme] rêves sont massacrés ».

Des mots scandés devant un public conquis, alors que seize récits décrivant le combat contre les VSBG (violences sexuelles basées sur le genre) mené sur seize collines du Burundi étaient passés au crible pour en tirer un duo modèle. Un exercice pas facile, comme l’a souligné Avit Ntirimeninda qui s’est exprimé au nom des membres du jury.

Kinyovu, la championne

Des seize collines en lice, Kinyovu de la zone Mugendo, commune Ntega de la province Kirundo a remporté la palme d’honneur. Un exploit dû à l’abandon d’un schéma manichéen qui confinait d’un côté l’homme dans la position d’auteur de violence, et de l’autre la femme dans celle de l’éternelle victime. « Cette stratégie ne faisait qu’accentuer les violences du fait qu’elle n’amenait pas la femme à adopter des voies et moyens lui permettant de jouir activement et pleinement de ses droits. De même, les hommes étaient laissés à eux-mêmes, alors qu’ils pouvaient être acteurs de changement durable » lit-on dans le récit élaboré par l’Asbl Great Lakes Inkingi Développement, qui a présenté cette dynamique de lutte contre les VBSG qui inclut hommes et femmes sur cette colline du nord du Burundi.

Pour illustrer ce mouvement d’ensemble, les habitants de cette colline, sans distinction de genre se sont ligués pour s’acheter une voiture Probox qui aura entre autres tâches principales celle de déplacer les femmes se trouvant à l’article de l’accouchement. « Un grand geste de solidarité, vu que la région n’a pas d’ambulance. Nous avons commencé les cotisations, et nous approchons la somme voulue » a annoncé, hilare Sendegeya Moïse, le chef de la colline Kinyovu qui avait effectué le voyage du Bugesera au nom de ses dirigés. Et il est rentrée avec un prix spécial de CARE Burundi, une décortiqueuse de riz. « Providentiel!  Sur notre colline, le riz est la culture reine », s’est réjoui M. Sendegeya.

Gahaga, la dauphine psychosociale

La deuxième place, assortie d’une moto flambant neuf, est revenue à la colline Gahaga de la commune Bukeye, province Muramvya. Cette colline de 7.250 âmes accueille le Centre Seruka qui, appuyé par la Coopération Suisse, met en avant l’approche psychosociale dans la lutte contre les VBSG. Un projet né du constat des limites d’une méthode centrée sur l’individu: « Cette approche cherche à explorer et conscientiser la communauté en général sur les méfaits des VBSG sur la victime, l’auteur et la communauté en général », expliquait le récit du centre Seruka. Cela a donné comme résultat l’éveil de conscience sur les blessures causées par les violences et l’engagement de certains membres de la communauté de Gahaga à l’adhésion dans des groupes solidaires qui se sont progressivement impliqués dans la prévention et la prise en charge des VSBG.

Cette approche psychosociale a tiré la thématique des VSBG de la sphère du tabou pour être traitée au sein des groupes de sensibilisation. Désormais, les victimes de ces violences s’expriment, avec en bonus des séances thérapeutiques pour dissiper des complexes liés à l’opprobre qu’apporte le viol aux yeux de la société.

Optimistes, les habitants de Gahaga se sont donnés comme objectif d’« arriver en 2025 en ayant fait des violences sexuelles basées sur le genre un mauvais souvenir. »

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