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Ambiance d’investissement: l’impression des acteurs politiques compte…

Bruxelles, le 19 février 2022: rencontre du Président Évariste Ndayishimiye avec la diaspora résidant en Europe

Alors que le Burundi s’attelle à de grands projets économiques (introduction de la voie ferrée, digitalisation de la Fonction publique, renforcement de la production agricole, financement des jeunes…), il importe de garder à l’écoute les revendications dans la classe politique. De grandes attentes visent l’action présidentielle

L’un des indicateurs d’une stabilité politique à même de porter la solide croissance économique dont le Burundi a tant besoin, est une classe politique locale peu portée au radicalisme. Les positions de la mouvance et de l’opposition ne sont scrutées pas seulement par les gouvernés et les gouvernants: les partenaires au développement, ainsi que investisseurs suivent aussi le débat politique pour décider sur l’opportunité d’investir ou pas, à court ou long terme.
C’est dans ce sens qu’il est pertinent d’observer la situation politique du moment, résumée par les interventions dans la synergie des médias du 17 mars 2022, qui se penchait sur l’ambiance politique générale post-2020.

Les positions présentées dans cet article proviennent des extraits de l’émission en synergie des médias organisée ce jeudi 17 mars 2022 par les radios Isanganiro, Bonesha FM, Rema Fm, Izere Fm, la presse écrite et digitale dont le Magazine Jimbere, le Journal Iwacu, Burundi Eco ainsi que la plateforme des blogueurs Yaga. Une synergie tenue dans le cadre du projet « Media Support » de La Benevolencija avec un appui des coopérations suisse et néerlandaise.


A la suite de la crise politique de 2015, des milliers de Burundais, dont des figures et activistes politiques opposés au Cndd-Fdd au pouvoir, ont fui le Burundi. Depuis l’arrivée du Président Évariste Ndayishimiye aux affaires, on observe des retours: Jean-Bosco Ndayikengurikiye, Pancrace Cimpaye, Anicet Niyonkuru et des membres de la société civile comme Gabriel Rufyiri de l’Olucome et d’autres. Certaines des raisons évoquées par ces hommes politiques qui les ont poussées à rentrer sont l’amélioration du climat politique au Burundi et «le discours apaisant du Président Évariste Ndayishimiye ». Que faire pour que ceux qui sont toujours en exil puissent rentrer ?

Les invités de la synergie du 17 mars 2022, dans le studio de la Radio Isanganiro…

Tout le monde veut rentrer…

Pour Pierre Claver Mbonimpa, de l’Aprodh, les raisons qui poussent les Burundais à fuir ou à rentrer sont multiples. «Ce qui est sûr, c’est que tout Burundais voudrait vivre dans son pays. Personnellement, j’ ai quitté le pays avec un document officiel qui précise qu’on m’a tiré dessus et que je devais me faire soigner à l’étranger, même s’il y a un dossier sur moi ouvert en justice.» Et si tout réfugié souhaite rentrer, il y a des préalables: « C’est ce que j’ai dit au Président lors de notre rencontre à Bruxelles dernièrement. »

Parmi ceux qui participaient à cette réunion du Président Ndayishimiye avec la diaspora burundaise en Europe, l’activiste Gabriel Rufyiri, rentré au Burundi depuis, après près de 7 ans d’exil: «Dans ce pays, il nous faut un débat d’idées, et la levée des barrières qui bloquent ceux qui veulent rentrer. » Et de citer « ceux qui attendent par exemple que leurs organisations suspendues ou radiées par les pouvoirs publics soient réhabilitées, ou les recherchés par la justice qui espèrent la tombée des charges retenues contre eux».


L’autre facteur qui poussera les exilés à rentrer est le traitement réservé à ceux qui sont déjà au pays: « Il faut un débat d’idées. C’est cela même la volonté du Président de la République. » Et de faire part de son optimisme: «Je suis confiant pour la suite, car le Président Ndayishimiye est un adepte du dialogue. Il a la latitude de prendre des mesures pour permettre à ceux qui sont en exil de rentrer. Par exemple, sur la question de justice et des mandats contre certains hommes politiques en exil, comme ce sont des faits qui se sont passés dans un cadre politique, dans le souci de réconciliation, il peut prendre une mesure d’apaisement dans ce sens. »

La « menace du retour du désordre »

Le Président de l’Uprona, Olivier Nkurunziza, participant à l’émission en tant que vice-président du Forum des Partis Politiques, estime qu’au niveau du Forum, «la préoccupation est de s’assurer que les partis politiques fonctionnent sans entraves, et font la promotion de leurs idées en collaboration avec le Gouvernement. La situation actuelle n’est pas celle de de 2015. Le Président de la République veut que tous les exilés rentrent. Sinon, ceux qui attendent que le pays soit un paradis avant de rentrer doivent affronter la réalité: aucun pays au monde ne l’est.»

Si l’opposant Agathon RWASA «encourage ceux qui rentrent», estimant qu’ils reviennent « pour être proches de leur électorat en vue des prochaines échéances», il se veut également lucide: « ceux qui pensent qu’ils rentrent parce que les conditions politiques se sont améliorées auront du mal à se faire de la place. Moi-même, j’affronte une grande résistance pour occuper le terrain politique.»

Et à Olivier Nkurunziza de rappeler «la base de tout cheminement apaisé du pays: les acquis dans le domaine sécuritaire doivent être préservés. Personne ne peut accepter le risque de retrouver la situation de 2015, avec des appels ouverts au désordre.»

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