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Pourquoi les étudiants du public reçoivent seuls le prêt-bourse, et pas ceux du privé?

Depuis l’année académique 2017-2018, les homologués à l’Examen d’Etat ne perçoivent plus la bourse académique. Le système éducatif a opté pour le système de prêt-bourse qui consiste à leur octroyer une bourse remboursable. Mais seuls ceux qui fréquentent les universités publiques ont droit à ce prêt-bourse. Quid de ceux du privé ?

« Compte tenu du budget alloué au bureau des bourses et stages, nous ne sommes pas apte à servir tous les demandeurs du prêt-bourse. Le gouvernement a instauré le système de prêt-bourse mais n’a pas revu à la hausse le budget alors que le montant du prêt-bourse est le double de la bourse sur laquelle la budgétisation a pris compte » reconnaître Alexandre Mfisumukiza, Directeur du bureau des bourses et stages. « Nous priorisons ceux des établissements publics parce qu’ils sont directement à la charge du service et sont sans ressources. Heureusement qu’ils n’ont pas tous demandé le prêt-bourse, sinon on l’aurait attribué par ordre de mérite. »

Depuis l’introduction du système de prêt-bourse, les bénéficiaires des universités publiques saluent l’amélioration que celui-ci a apporté dans leur vie de tous les jours. « Avec 30.000 Fbu, il était trop difficile de joindre les deux bouts du mois mais aujourd’hui on ne se plaint pas même si des fois il ne vient pas à temps, au moins nous attendons sachant que nous serons à mesure de payer les dettes contractées », se félicite Dièse Niyubuntu de l’Université du Burundi, dans la faculté des lettres et sciences humaines en Bac II.

Malheureusement leurs homologues des universités privées n’affichent pas le même sourire: « Nous nous souvenons qu’un jour nous avons été enregistrés dans nos universités mais on ne sait pas ce qui est advenu de ces listes. Nous aurions dû nous regrouper pour porter notre voix aussi loin et revendiquer ce qui nous est dû. Malheureusement, nous sommes éparpillés », se plaint Mercure Irarera, étudiant à l’université des Grands Lacs dans la faculté des sciences de la santé en Bac II .

Plusieurs cas malheureux

Alors que leurs familles ne sont pas capables de satisfaire toutes leurs exigences pour survivre dans la capitale économique, le prêt-bourse avait été planifié comme un plan B pour des centaines d’étudiants du privé. Arrivés à Bujumbura, la situation a pris une autre tournure. Espérant une régularisation ultérieure, ces étudiants ont utilisé les frais académiques pour s’accommoder, espérant que le prêt-bourse viendrait à temps pour rembourser les frais utilisés: « Le prêt-bourse étant notre droit et surtout n’ayant pas été informés que nous ne serons pas parmi les bénéficiaires, nous nous attendions à être servi comme nos semblables du public. Voilà que toute une année vient de s’écouler sans réponse à notre demande » s’étonne Félicien Yamuremye, camarade de classe de Mercure.

Une situation qui aurait eu un impact notoire sur le rendement académique. A côté des petits boulots ici et là qui leur oblige à des fois s’absenter, beaucoup d’étudiants se sont également vus refusé le droit de siéger à l’examen faute de payement des frais académiques. « Pour les examens que nous n’avons pas passés, nous n’avons pas droit au rattrapage. Nous devons attendre la deuxième session, réduisant ainsi à moitié nos chances de réussir. Ceux qui n’ont pas pu avoir la totalité des frais ont vu leur année académique annulée», révèle Félicien Yamuremye.

A Arlène Ayinkamiye, de l’Université Sagesse d’Afrique de suggérer une voie alternative: « Lors de la délibération des points d’homologation, les commissions devraient d’abord se concerter avec le bureau des bourses et ainsi déterminer l’effectif dont ils sont capable de prendre en charge. Aujourd’hui c’est notre droit qui est bafoué. »

« On ne saurait pas garantir quand nous pourrons servir ceux du privé mais nous sommes en train de plaider pour leurs cause dans la hiérarchie. Dès que possible nous ne manquerons pas de les servir », concédera Alexandre Mfisumukiza.

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