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Entrepreneuriat

Prodefi : sur 25 jeunes formés à l’entrepreneuriat, 1 seul a lancé une micro-entreprise

Pour rappel, au moins 6 jeunes sur 10 sont au chômage au Burundi. Pour pallier cette problématique, le gouvernement, en partenariat avec différents partenaires techniques et financiers, mise sur l’entrepreneuriat. Mais, les jeunes formés à tours de bras profitent-ils de ce tremplin pour devenir de vrais entrepreneurs après la période d’incubation ? Quelques éléments de réponse …

Il y a plus d’une année les internautes avaient découvert avec admiration Nadège Irakoze, la jeune fille qui fabrique des sandales à Ngozi. Elle avait bénéficié de l’appui et de la formation du Prodefi. Initialement installée dans les locaux loués par ce projet, Art Innovation, l’entreprise d’Irakoze a déménagé. De quoi dire que la jeune entrepreneure vole depuis de ses propres ailes ? « Après la période d’incubation de 6 mois, n’ayant pas trouvé de moyens suffisants pour louer un local où installer mon entreprise, j’ai demandé une rallonge de 4 mois au Prodefi. Après celle-ci, je me suis décidée à m’installer finalement à la maison », avouera-t-elle.

Adresse de l’entreprise : rue Nyabusorongo, quartier Muremera, une ruelle qui n’est pas passante. Mais cela n’a pas l’air d’entraver le business de la jeune femme, car les commerçants qui vendent au détail ses produits viennent nombreux s’approvisionner à son domicile. « Même si dernièrement, j’ai été cambriolée par des voleurs, l’affaire marche encore bien. Par mois, Art Innovation produit entre 60 et 200 paires à un prix qui varie entre 12 et 15 000 Fbu par paire. »

Pascal Hakuziyaremye alias « Spagetti » est un autre jeune du programme. Il s’est lancé dans la fabrication des spaghettis qu’il vend actuellement à 800 Fbu le paquet. Avec une vente moyenne de 100 à 150 paquets par jour, le jeune garçon appréhendait l’avenir de son business avec un peu plus de sérénité. Après la période d’incubation, il s’était installé à Kurubuye dans la ville de Ngozi.  Il avait acquis une parcelle où il comptait construire un local pour son entreprise.

Mais seulement voilà, la BBN exige certaines normes pour implanter une entreprise de transformation. Certaines de ces normes concerne le lieu d’implantation et les équipements. Cela dans le but d’avoir une certification de cette institution. Cette dernière est devenue presque un serpent de mer pour « Spagetti ». Il y’a 3 semaines, Hakuziyaremye a dû arrêter la production pour se mettre en conformité avec les normes de la BBN.  

Plus de 9000 jeunes formés pour moins de 500 micro-entreprises créées

Nadège et « Spagetti » font partie des 9040 jeunes qui ont bénéficié du programme GERME (Gérer Mieux son Entreprise). D’une part, selon le dernier rapport, on apprend que près de 85% des jeunes formés ont initié une activité génératrice de revenus, une bonne chose. Mais d’autre part, ce programme pilote qui concernait les provinces de Bubanza et Ngozi de 2015 à 2019 n’a permis que la création de 357 micro-entreprises. Il y va sans dire que parmi les jeunes qui bénéficient des formations en entrepreneuriat, certains ont du mal à voler de leurs propres ailes.

Au-delà des difficultés qu’ils ont à se conformer aux normes comme c’est le cas de « Spagetti », les jeunes qui se lancent en entrepreneuriat ont du mal à consolider leurs entreprises. Olivier Simbananiye, Adjoint au Responsable du Suivi-évaluation du Prodefi – Emplois des Jeunes Ruraux donne quelques explications de cette situation. « Les causes principales sont la faible expérience en affaires et le manque de garantie classique. En effet, les financiers sont réticents à financer leurs initiatives. L’autre obstacle concerne l’accès restreint à la terre, surtout dans les provinces les plus densément peuplées. Mais dans ce cas, le projet essaie d’orienter les jeunes sans terre vers d’autres maillons de filières notamment le transport de la production, la transformation et la commercialisation des produits, etc. »

L’action de l’Etat et de ses partenaires en faveur de l’entrepreneuriat des jeunes est louable. Mais, il semble que la formation à elle seule ne suffit pas. Le renforcement des programmes d’accompagnement (surtout sur le plan financier) des affaires des jeunes s’avère indispensable. Au cas contraire, l’effort aura été vain.

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